Ils représentent le souffle nouveau dans une société. Remplis d’énergie et de créativité, ces jeunes Mauriciens incarnent l’espoir. Représentant la couche de la population qui aspire à une plus grande liberté, ils ont commencé à manifester leur dynamisme à travers le réseau social Facebook. Partant de simples échanges de points de vue sur la situation socio-politique du pays, ils s’engagent désormais et descendent dans les rues pour propager leurs idéaux et réclamer une île Maurice meilleure. Le Mauricien est allé à la rencontre de ces « zenes koltar » en quête d’une île Maurice arc-en-ciel.
Si au début, certains ne croyaient pas en la détermination de ces jeunes, les récentes manifestations pour « une île Maurice meilleure » témoignent de leur détermination. Mais pour « zenes koltar », c’est cette « affirmation de soi » qui caractérise cette envie soudaine de changer l’île Maurice à leur manière. Cette période de grands défis est marquée par la discipline. En effet, aucun dérapage n’a été relevé pendant les divers mouvements de protestation. Signe que la jeunesse mauricienne incarne aussi la responsabilité et le respect en revendiquant dans la légalité.
C’est la manifestation « Wanted 15 000 youngsters to save our future », tenue l’année dernière, qui s’inscrit comme le premier catalyseur. Ce ne sont toutefois que 3 000 personnes qui se massent dans les rues de Port-Louis pour réclamer une île Maurice sans corruption.
« Aret zoue ek nou lavenir » est le message adressé aux décideurs politiques ce jour-là, marqué par une grande dose de patriotisme. Dans cette foule, des marcheurs de différents horizons et de diverses ethnies. Réunis autour de la musique ou des slogans, ils maintiennent vouloir une île Maurice avec une même justice pour tous. Nos jeunes interlocuteurs sont unanimes : leur combat se poursuit et cela peu importe la personne qui se retrouve à la tête de l’organisation. « Nous luttons pour une cause juste et noble », affirment-ils. Pourtant, ils disent être perçus comme des « fauteurs de troubles » alors que « nous marchons pour la justice et l’égalité. Nous sommes unis autour de la même idée, la même philosophie ». D’ailleurs, ces jeunes ne ratent pas une occasion de faire entendre leur voix en utilisant différents moyens pour y parvenir : le slam, l’écriture ou encore des pages animées sur Facebook au nom du patriotisme.
Havish Gokool (29 ans), ingénieur en génie civil, a participé à diverses manifestations. Pour lui, c’est le besoin d’expression qui motiverait les jeunes à adhérer à ces actions sociales. Cet ancien président de l’Union des étudiants de l’Université de Maurice (2005-2006) a le sentiment que « les politiciens ne jouent plus le jeu, trop occupés à se livrer eux-mêmes à des jeux dangereux. Le pire c’est qu’à la fin, nous constatons que c’est la population qui en fait les frais ». D’ailleurs, il est d’avis que de telles actions auront des répercussions à l’avenir. Il évoque trois fléaux, qui, selon lui, gangrènent la société mauricienne : le système politique, la corruption et le communalisme.
Pour Havish Gokool, le système politique de Maurice est « dépassé » après 44 ans d’indépendance. « Nous ne sommes plus dans les années 60-70. C’était une autre ère. Le contexte n’est plus le même. Le système actuel ne convient plus », affirme-t-il. Les jeunes ont leur place au coeur des débats. Ils devront lutter pour faire valoir leur position et leur point de vue, avance l’ancien président des étudiants. Si la hausse de la corruption a entraîné une baisse de la confiance envers les institutions, il indique que les jeunes sont à la recherche d’un véritable pays arc-en-ciel et « pa zis koz zoli koze ».