Ce qui est lassant en politique, c’est que les partis, l’un majoritaire, l’autre minoritaire, se croient obligés de se livrer à une guerre sans merci. Et sans aucune considération pour les citoyens ou citadins. Une fois leur rôle d’électeurs terminé, ils ne comptent plus, ils n’ont plus aucun poids, c’est comme s’ils n’existaient plus.
Ce n’est pas seulement lassant, c’est dégoûtant ! C’est malhonnête : après promesses de travailler pour le pays ou la ville, la guerre quotidienne commence. Si la majorité propose quelque chose de juste et de valable, l’opposition conteste et fait tout pour que le projet avorte. A l’inverse, si l’opposition propose une idée intéressante, la majorité est contre et freine des quatre fers.
L’important : que mon camp gagne ! Or l’important, c’est le bien commun.
Un jour, majorité et minorité d’aujourd’hui se présenteront à nouveau devant l’électorat. Et supplieront de voter pour eux. Mais quel crédit leur accorder ?
Maintenant, j’aborde quelques réalités curepipiennes. Avec l’espoir (un peu fou) que cela provoque votre réflexion.
Hôtel de Ville : s’il y a l’argent, s’il ne provient pas d’un vol, si le travail est confié à des gens compétents et crédibles au nom de quoi l’opposition contesterait ?
Jardin Botanique : Ce mot « botanique » signifie « plant ». Il s’agit d’un jardin où existent des plantes endémiques, des plantes rares, que les gestionnaires se doivent de préserver. Les jardins de Pamplemousses et Curepipe relèvent de ce type de jardin.
 Quel conseil ignorant et peu respectueux a envisagé d’y planter un coin pour enfants ? Il n’y a pas de jardin Balfour à Curepipe !
A Balfour, on peut construire des balançoires, trapèzes et autres jeux pour enfants. A Curepipe, impossible ! On respecte la vocation d’un jardin.
Les conseillers qui sont élus ne peuvent avoir toutes les compétences requises pour répondre aux divers besoins de la gestion de la ville. Alors, l’intelligence consiste à faire appel à des personnes qui, elles, savent et sont disposées à mettre leur savoir au service de la ville.
Une année SOS Patrimoine avait proposé son aide pour le jardin, en la personne de Jean-François Guimbeau, botaniste, Patricia Mohamed, passionnée de jardins et qui avait la possibilité de faire travailler des étudiants en fin d’études, attachés au Kew Garden (Angleterre) – donc des gens de haut niveau – et Françoise Merven. Leur concours a apporté quelques améliorations au jardin. Mais hélas, la collaboration n’a pas duré. Le conseiller représentant la mairie disait oui aux suggestions et conseils, mais la réalisation ne suivait pas.
Trou-aux-Cerfs : ce qu’on y voit est assez ahurissant : du bon et du lamentable. Si on n’est pas capable d’entretenir 3 plates-bandes, à quoi bon en créer d’autres ?
On dirait que chaque nouveau conseil veut effacer ce qui a été fait par le précédent et inventer autre chose. Mais c’est enfantin comme réaction.
Très bien d’avoir installé de nouvelles toilettes dans un joli petit bâtiment. Mais elles sont inutilisables parce que sales et malodorantes… Et le réservoir dépasse l’endroit, il est à refaire en d’autres proportions.
Une année, le ministère de l’environnement est venu installer des poubelles. Mais fichues n’importe où, à des lieux où personne ne s’arrête. La structure de fer des anciennes poubelles – bleues s’il vous plaît – est toujours là…
Le trapèze planté côté nord, dans l’axe des montagnes, c’était une bonne idée ?
Quant aux nouvelles barrières installées sur 50 mètres, étaient-elles vraiment nécessaires ? Elles ont été saccagées par des vandales. Et vous menacez de fermer le Trou-aux-Cerfs : les marcheurs seront punis, pas les vandales.
Arrivons-en au clou : des marches pour descendre jusqu’au fond du cratère. Mais quelle idée… Là encore, ce n’est pas respecter la nature du cratère. Je parie que trois semaines plus tard, il y aura un “hôtel dité”, suivi d’une boutique de souvenirs ! Si le conseil pollue, les pollueurs patentés continueront l’ouvrage. Adieu cratère.
Je vais vous dire, conseillers municipaux, ce qui enthousiasmerait les curepipiens et ce qui vous vaudrait de chaudes félicitations :
–    Voir que tous, majorité et minorité, vous avez vraiment l’intention de travailler pour la ville, laissant de côté vos appartenances partisanes ;
–    Reconnaître que vous ne disposez pas de tous les talents, de toutes les compétences, et ainsi faire appel à ceux qui peuvent vous aider et leur procurer assez de liberté pour mener à bien leur tâche, et les aider en cela car ils auront besoin de votre accord et de votre soutien.
Ainsi vous donneriez une magistrale leçon de loyauté dans un véritable service à la ville. Au lieu de vous mépriser en silence, on vous admirera, on vous félicitera, on vous remerciera.