Maurice a perdu un autre de ses grands musiciens hier. Le pianiste et professeur de musique Noël Jean est décédé après un malaise devant ses élèves et ses collègues au Conservatoire François Mitterrand alors qu’il était en salle de cours. Malgré l’arrivée des secours qui ont tenté de le réanimer, son décès était confirmé une demi-heure après. Cette nouvelle, qui a rapidement circulé, a plongé ses proches et la communauté des musiciens dans un profond bouleversement.
Noël Jean semblait au mieux de sa forme et était comme toujours très actif dans le milieu musical ces derniers temps. Il y a quelques semaines encore, il était sur scène. Après la comédie musicale Phantom of Opera, il montait sur la scène publique une dernière fois, lors du Ernest Wiehe Jazz Festival de Tamarin, acclamé comme les autres musiciens prestigieux qui ont participé à cet événement, personne ne pouvait ainsi imaginer que ce grand monsieur de la musique mauricienne s’apprêtait à tirer sa révérence.
Le drame est survenu à la mi-journée, quand Noël Jean, présent avec d’autres collègues, au conservatoire depuis 9h hier matin, était en salle de cours. Une nouvelle qui a été un choc pour tous ceux présents, incapables de comprendre ce qui venait subitement d’arriver à cet homme âgé de 49 ans seulement. Vers 16h30, la dépouille de Noël Jean a pu être ramenée à son domicile, auprès de ses proches.
Professeur de musique de l’atelier Mo’zar puis au Conservatoire François Mitterrand, Noël Jean, qui habitait Batterie Cassée, a lentement gravi les échelons pour devenir une référence dans le milieu. Il y a côtoyé les plus grands et a été proche d’Ernest Wiehe, dont il a hérité la vision musicale. Il a ensuite eu d’étroites collaborations avec Philippe Thomas, José Thérèse, Christophe Bertin entre autres.
Ces derniers gardent de lui le souvenir d’”un homme qui savait faire parler la musique”. Décrit comme “un grand pianiste”, Noël Jean était respecté pour sa maîtrise du jazz. Bouleversée par ce décès subit, Claudie Ricaud, la directrice du conservatoire, se souvient encore de son entrée au conservatoire, situé à l’époque à Ébène. “Il a étudié avec Ernest Wiehe dans les ateliers de jazz avant de nous rejoindre pour donner des cours de musique contemporaine. C’était un pianiste de jazz de la première école”, dit-elle, émue, et ne pouvant jusqu’ici comme tant d’autres croire que ce pianiste hors pair s’en est allé.
Comme les autres personnes que Noël Jean a côtoyées, Dario Ramdeal, percussionniste, fait ressortir que le pianiste, qui a toujours su étonner son monde, tant par sa musique que par son approche amicale, l’a beaucoup influencé et conseillé. “Il m’a surtout fait comprendre que la musique apporte sérénité, calme et amour”, se souvient-il. Les souvenirs des dernières prestations de Noël Jean lors du festival de jazz à Tamarin sont encore vifs dans la mémoire de tous. “Ce fut un moment extraordinaire que nous avons vécu. Et Noël y a beaucoup contribué”, dit-il.
Propos repris par Jocelyn Armandine, autre pianiste du conservatoire, qui se souvient que Noël Jean “était quelqu’un qui pouvait déclencher plusieurs sentiments à la fois chez quelqu’un”.