Plus qu’une histoire de compétition et de studio, les musiques de Manu Desroches et Hans Nayna ont été programmées au backstage du Hennessy Park Hotel, Ebène, vendredi dernier. L’occasion aussi de faire entendre les chansons de « State of my high », le premier album de Hans Nayna. Commençons par Emmanuel Desroches, chanteur, guitariste, bassiste, il a tout juste 18 ans, a déjà chanté avec Tritonik et bien d’autres artistes mauriciens. Voilà un timbre, un groove, un blues, de la world, un talent dont on entendra certainement parler… Manu nourrit beaucoup de rêves. Il a l’enthousiasme et la volonté nécessaires pour obtenir une large écoute et se faire connaître sur la scène musicale nationale ou ailleurs. Emmanuel nous confie qu’il travaille sans relâche sur le projet d’un premier album d’ici fin 2014 suivi de tournées. Ce qui frappe au premier chef chez Manu, c’est sa stature d’ado, attentif au point qu’on peut suivre dans sa démarche les réactions de la musique qu’il aime. En première partie du concert de Hans Nayna vendredi dernier, Manu Desroches a chanté les chansons qu’il aime : celles de Sting, de Police, de Bob Marley, d’Amy Winehouse (« You know I’m no good »). Un mélange de chansons en anglais pour assurer une rythmique. Avec sa guitare, il en résulte une continuité rythmique et mélodique. Sa prestation, avantagée par une bonne technique vocale, a une influence épidermique. Manu Desroches se produit à Mocaz, au Sapin Café Culture, à Tamarin. A suivre !
On ne présente plus Hans Nayna, ce natif de Grand-Bel-Air — village près de Mahébourg — dont le répertoire est composé de musique pop, de la soul et un peu de reggae. Si «Run Star» lui a permis de se faire un public et de donner de la matière à ce même public, Hans Hayna nous explique la genèse de son premier album « State of my high » (Mouv Prop). Ce n’est qu’un aperçu de ce qu’il veut faire en musique et surtout avec son groupe Five. Il faut parler de ce groupe dont l’histoire musicale s’écrit actuellement : Hans fonctionne au feeling et se consacre à ses compositions alors que les musiciens du groupe ont apporté des sonorités jazz et blues à ses grooves.
Parlons de l’album. Ce disque est un point d’équilibre après le concours de chant «Run Star» et pose en même temps les jalons d’une nouvelle aventure. Au cours de ses concerts de promotion, on sent une unité dans l’ensemble de ses compositions — un chant intime et universel (« Butterflies », « State of my high »). Il n’y a pas de frontières entre la pop et les autres musiques. Hans explore par curiosité de musicien tout ce qui s’ouvre à lui. Il chante, soutenu par son groupe. Émotion garantie. Ailleurs, il a recours à des vocalistes talentueux. Le son produit est clair, charnel. Rien de figé dans l’approche musicale. Hans signe cinq chansons, autant de déploiement à une matière sonore riche, homogène, longtemps malaxée. Les climats colorés et imaginatifs alternent selon les titres variés. Pas vraiment d’effets de virtuosité mais des variations, beaucoup de passion, beaucoup de transports au gré des chansons. Un très beau travail d’écriture qui n’est pas courant ici. Au final, une musique plutôt descriptive, des arrangements de bonne facture. A vous maintenant de savourer !
Une mention spéciale à Karen Pang pour les photographies en noir et blanc et le travail artistique pour ce qui est de la conception de l’album.