Les professeurs de chant, de danse et de musique du centre Indira Gandhi pour la culture indienne (IGCIC) ont ravi les spectateurs présents à l’auditorium de Phoenix, le 18 octobre dernier de leur prestation. Une performance qui donne un nouveau souffle à la musique et à la danse classique indiennes en faisant de la place à l’improvisation et à la créativité.
« Kouma dir so lipie pe koze. » Telle est la réaction d’un grand nombre de spectateurs charmés par la démonstration des battements de pieds d’Afsar Khan, professeur de kathak au IGCIC depuis 16 mois. C’est le tablatiste Zakir Hussein qui lui donne le ton au son de cette percussion. Un dialogue s’instaure entre les deux artistes. Une performance d’autant plus appréciable lorsque le spectateur, habitué aux danses dévotionnelles ancrées dans l’hindouisme, se rend compte de sa contemporanéité. « In kathak, we relate a story », fera ressortir le professeur de danse lors d’une rencontre avec Le Mauricien, par la suite. Il souligne que les techniques de base demeurent mais les histoires racontées sont contemporaines et touchent au quotidien des gens. « Like for example, I gave a demonstration about the scooter starting », souligne-t-il.
De foi islamique, Afsar Khan semble être né avec des ghungroos à la cheville. Son père Ustad Jafar Mulla Khan était un danseur de kathak. « I started right from the age of 3 », dit-il alors que les enfants sont généralement initiés à partir de 5 ans. Notre interlocuteur indique que des changements apportés s’adaptent aux temps et aux adhérents. « When my father started, at that time, it was more difficult. For me it is easier and the lessons are adapted to the students. I changed a few things. For example, we can start with the muslim kalaam, a prayer to Allah. We dance on suffi lyrics », fait-il ressortir en citant le poète et musicien soufi Amir Khusrow. Afsar Khan a donné une démonstration du Benaras Gharana (ndlr : une des trois écoles de kathak avec le Lucknow and Jaipur Gharana), école à laquelle il a été formée. Le spectateur a aussi eu droit à une démonstration de la technicité du kathak qui caractérise le Jaipur Gharana.