Les grévistes de la faim, ex-employés de l’Association d’Hébergement pour les Personnes Inadaptées (AHPI), dont fait partie le Foyer Namasté, qui en sont à leur septième jour, ne souhaitent pas que leur combat soit mêlé à celui d’Azir Moris qui, lui, espère attirer l’attention sur tous les événements qui touchent actuellement le pays.
La Place des Droits Humains a été « envahie » hier après-midi par quelques membres d’Azir Moris qui ont décidé de tenir leur Camp Protest (voir hors-texte). Bien que cette action est jugée « légitime » par Jameel Peerally, fondateur du groupe, les grévistes de la faim, pour leur part, ne le voient pas d’un bon oeil. Étant à leur septième jour, les femmes grévistes s’affaiblissent. Chantale Nayna, 62 ans, qui avait été hospitalisée dimanche soir, a rejoint le groupe ce samedi pour poursuivre son action. Mais deux autres grévistes, Géraldine Sahye, 42 ans, et Marie-Josée Secondis, 57 ans, dont l’état de santé s’était détérioré en début de soirée, ont été hospitalisées hier soir. Elles sont toujours sous observation.
Par ailleurs, Georges Ah-Yan, porte-parole des femmes grévistes et membre du Forum Citoyen Libre (FCL), soutient que la présence des membres d’Azir Moris — qui ont planté leurs tentes en face du kiosque du Jardin de la Compagnie — est « disturbing pour les grévistes qui ont besoin de repos ». Et d’avancer : « Bann manb Azir Moris finn vini, finn mett zot bann latant partou. Zot finn tir nou bann pankart pou mett zot bann lafis. Nou pa anvi ki asosie nou laksion a zot komba. » C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a fait appel à la force policière. « Bien ki depi yer nou ti pe demann lapolis pran bann aksion konk sa group-la, nek gramatin ki zot finn fer li », soutient Georges Ah-Yan.
Jameel Peerally, porte-parole d’Azir Moris, dit ne pas comprendre cette interdiction. « Les policiers sont venus ce matin et nous ont confisqué notre matériel. Pourtant, nous ne dérangions personne. Nous avions planifié cette activité depuis plusieurs jours et nous étions en train de la concrétiser », a-t-il expliqué au Mauricien qui l’a rencontré devant le poste de police de la rue Pope Henessy. Ils ont été sommés de quitter les lieux « parce que nous ne détenions pas d’autorisation des Casernes Centrales ».
Entretemps, les grévistes poursuivent leur action. Elles en sont à leur septième jour. Elles demandent la réouverture d’au moins deux centres par le ministère de l’Égalité des genres et du Bien-être de l’enfant. Rappelons que le permis de Place of Safety a été suspendu après l’arrestation d’un ex-assistant directeur pour abus sexuel allégué sur un pensionnaire du Foyer Namasté.