C’est avec un humour sans pitié que George Mathieu a su accueillir son public samedi soir au kafét@, à Rose-Hill. Sous le “coaching” de Pascal Légitimus, notre compatriote – qui vit actuellement en France –, nous a concocté un petit bijou, parlant un peu de sa vie et sa famille tout en se moquant de la culture mauricienne. Sans rancune aucune.
Lumières baissées, George Mathieu fait son entrée pour la première partie de son spectacle. Se mettant à la hauteur de son public, il raconte ses mésaventures depuis qu’il a atterri à Maurice avec Pascal Légitimus. Une des premières remarques relevées par George Mathieu, c’est la générosité de Mauriciens. « A l’hôtel où je suis, au LUX* Belle-Mare, dès que j’ai fini mon verre, un serveur vient déjà le remplacer. Si j’ai envie de fumer, hop, voilà qu’on me tend une cigarette déjà allumée. Le soir, je rentre et j’ai envie de faire l’amour à ma femme. Et voilà que je vois un Mauricien qui est déjà au travail. »
George Mathieu partage aussi ses impressions face à ce qu’il appelle « le Mauricien basique ». Pour lui, on n’a pas cherché loin pour trouver le nom d’un endroit, à l’instar de Riche-en-Eau ou encore du Jardin de la Compagnie. Ce dernier s’étonne aussi de voir « une société blanche à Rivière-Noire », ajoutant : « On ne comprend pas, ils étaient à Curepipe… Il y a eu un glissement de terrain ? » Et de donner ensuite son point de vue sur la politique locale avec la nouvelle génération de Duval, Ramgoolam et Jugnauth. Et Bérenger qui est toujours là : « Mais c’est Monaco ici ! »
Tout en communiquant avec son public, s’amusant parfois dans de l’improvisation, George Mathieu parle de « toutes les couleurs » sans pudeur. Et il prévient : « Attention aux oreilles chastes ! » Sur un air de reggae, George Mathieu revient sur ses origines. Il nous parle d’un père noir venant de Quatre-Coco et d’une mère blanche de la haute société. Lui, par contre, vient de Beau-Champs, où il a passé toute son enfance. Et de déborder ensuite sur le thème de l’alcool, évoquant son oncle ivrogne, « qui s’est fait arrêté ». Rappelant l’adage « boire ou conduire, il faut choisir », il poursuit : « Oui, mais il faut bien rentrer ! ». Selon lui, les policiers aussi « souffrent de problèmes psychologiques insurmontables car ils ne boivent que pendant les repas », précisant aussitôt que, « le problème, c’est qu’ils mangent toute la journée ». Le lien entre l’alcool et les accidents de la route ? Pour George Mathieu, il est simple : « 30% des accidents de la route sont liés à l’alcool, et les 70% restant causés par des gens qui ne boivent pas ; finalement, rouler bourré, c’est la sécurité. »
L’humoriste s’est aussi attaché à décrypter des stéréotypes habituels, notamment ceux liés aux ilois, comme celui qui les taxe de fainéants. Mais George Mathieu a surtout défendu ses racines, avec beaucoup d’humour, bien entendu. Parlant ensuite d’amour, il rappelle les paroles d’une chanson : « Ma vie a changé en mieux depuis que tu es partie. » Eh oui : selon lui, « les hommes ont besoin d’actes d’amour tandis que les femmes ont besoin de mots ». Et de dire ne pas comprendre pourquoi les femmes cherchent tant à être supérieures aux hommes, lançant simplement : « Elles le sont déjà, alors qu’elles le restent ! ».
Après s’être improvisé présentateur de journal télévisé, notre compatriote s’est ensuite essayé à un petit déhanché typiquement mauricien. Et voilà alors George Mathieu se lançant dans un petit séga. L’humoriste est visiblement à l’aise, sa présence scénique y étant pour beaucoup, tout autant que la manière dont il aura réussi à conquérir le public mauricien. Pour terminer son spectacle, George Mathieu aura tenu à reprendre les paroles de « son oncle Amédée », qui disait : « L’humour, c’est l’essuie-glace de la vie. Ça n’arrête pas la pluie, mais ça permet d’avancer. » Sous les applaudissements d’un public à la fois heureux et ému, et avant d’entraîner ce dernier à pousser la chansonnette, il aura cette gentillesse de lancer : « Merci de me donner cette force ». Non, M. Mathieu, merci à vous pour ce pur moment de bonheur !