On l’a connu dans ses débuts avec la troupe Komiko et, l’année dernière, on l’a retrouvé dans le sketch “Les Trois Moustiker”. Cette année, il se la joue « lonesome cowboy » pour son premier One Man Show. C’est sous un tonnerre d’applaudissements que Stephan Reynald a fait son show au Kafét@.
C’est sur un air de Dallas que Stephan Reynald a fait son entrée sur scène. Ce dernier raconte alors quelques anecdotes extraites de sa vie depuis sa naissance jusqu’à ce qu’il finisse le collège. « Mwa tou letan ti ena problem ar mwa », dit-il en faisant allusion à son physique particulier. « Kan mo ti ne, mo ti zoli, mo ti resanble Tom Cruise. Tom Cruise la mo frer mem sa », dit-il. Il partage également ses goûts en matière de dessins animés en entonnant le fameux générique de Tom Sawyer et celui de Bouba le petit ourson, version rock.
« Mwa ki ti bizin parain sa lane la », balance-t-il. Il explique qu’on ne l’a pas accepté parce qu’il ne parlait pas un français courant. « Moi ze parle le français courrament moi. » Et de se lancer dans la traduction de séga mauriciens en… français. Un plaisir pour les oreilles, et les zygomatiques. Avant que l’artiste n’ajoute : « Français ze cone, anglais ze debrouille ! »
Stephan Reynald partage aussi ses expériences en discothèque, dont le public est comparé à « bann zanimo ». Il explique : « Kouma mo rant dan diskotek, li ranpli ar bann gazel. DJ la li kouma dir enn rinoseros ek so la main en l’air. » Reste qu’il n’apprécie pas plus la mode adoptée par les jeunes et leur manière de danser. « Lontan ti ena fason danse. Aster la fini sa », lance-t-il, imitant une des danses en faisant un « booty shake » typique. Poursuivant sur la thématique, il s’imagine alors un gouvernement à la mode de Superman, c’est-à-dire « avec le slip sur le pantalon ».
Mais le phénomène Reynald a réservé d’autres surprises au public, passant de présentateur sportif, annonçant les courses de chevaux à la manière mauricienne, agrémentées donc des cris d’excitation, à jocket, se mettant même à genou pour bien rentrer dans le personnage. Autre sujet abordé par l’artiste : les fêtes de l’Indépendance organisées par le gouvernement, avec, au menu, les traductions français/bhojpuri, les spectacles de danse et de chant, sans oublier le « super feu d’artifice de 13 h », dont il ne comprend pas la logique.
Ses imitations de Serge Lebrasse et Jean-Claude Gaspard étaient également un délice, à la fois pour les yeux et pour les oreilles. Sans compter celle de sir Anerood Jugnauth, hilarante.
« Kontan, pa kontan ? » a-t-il lancé a son public captivé par ce qu’il offrait sur scène. Et l’assistance, en guise de réponse, de se lever et d’applaudir Stephan Reynald pour son premier One Man Show. Pour sa part, l’humoriste a tenu à remercier Miselaine Duval de lui avoir offert la chance de pouvoir se produire sur scène. « Merci de m’avoir fait confiance Miselaine. Et merci à toi, public ! » a-t-il fini par dire après avoir poussé la chansonnette une dernière fois. Pour une première, Stephan Reynald aura su conquérir le public, qu’il a gardé en haleine tout le long du spectacle.