Le coup d’envoi du 7e Festival du Rire a eu lieu hier soir au Kafet@t Komiko dans une farandole de couleurs et avec une émotion palpable. Les spectateurs étaient reçus dans un décor de cabine d’aviation par des artistes déguisés en pilote, stewards et hôtesses de l’air. Le point central reste évidemment la présentation de ces nombreux artistes venus de La Réunion, de Rodrigues, des Seychelles et, bien évidemment, du parrain du festival, l’humoriste français Jean-Marie Bigard qui, le temps d’un spectacle, revêtira l’habit d’une femme.
De l’érotisme à fleur de peau, doublé d’une sexualité débridée, Bigard se lâchera en effet ce samedi 7 mai au J&J Auditorium dans son “One-Woman-Show” A Nous les Femmes. Hier, il a donné un aperçu de son spectacle à en « faire prendre plein la gueule aux hommes », comme il l’a répété bien souvent. Une manière aussi pour lui de « demander un gigantesque pardon aux femmes ». Bigard, le déculotté, s’autorisera tout sur scène et ne fera pas d’enrobage du côté du verbiage. Avec lui, on l’a vu du premier coup, cela passe ou casse… Avec une robe rouge et une poitrine généreuse, il expliquera que les rondeurs de son popotin ne font pas le printemps. En langage décodé, comprenez que l’humoriste ne parlera que de sexe, sous toutes les coutures.
Du côté des Seychelles, c’est un Joseph Sinon qu’on retrouve avec bonheur, visiblement en pleine forme et d’audace dans un nouveau sketch I’m in love. Sa trame est tellement bien ficelée que son public reste scotché du début à la fin avec, en prime, un rire garanti. Autre meilleure prestation : Les 3 Moustikers, qui entraîneront, avec leurs chansons “kasse ranze”, plus d’un dans un délire total. Parodies, blagues… La bande à Berthie Prosper, Stephan Raynal et Alain Narainsamy n’a pas fini d’étonner.
Autre pointure à s’être déplacé : Maroni, venu de l’île soeur, qui, avec ses rondeurs et ses mimiques, reste sans conteste l’humoriste préféré des Réunionnais. Yousouf Elahee, du Moustouf Comédie Club, que les spectateurs ont maintes fois suivi dans ses délires en applaudissant son audace, revient dans une comédie déjantée appelée Belle-mère, Belle-fille.
Le rire étant avant tout un plaisir partagé, Miselaine Duval, la cheville ouvrière de ce festival, promet que cette année, le spectacle sera « encore plus grandiose ». Dans Fami Pas Kontan, c’est Bruno Raya qui campe le rôle de Jazzy, le rasta que Marie-Jeanne Bavière refuse d’avoir pour gendre. Mr Love, le chanteur applaudi des fans, endossera, lui, le rôle de Cupidon dans Roméo et Juliette. Un des temps forts du  spectacle hier a demeuré le tour de chant de Laura Beg et d’Alain Ramanisum sur l’air de Fami Pas Kontan. Mention aussi pour Jacqueline Fayerolle, la chanteuse de La Réunion.
De la satire, du délire théâtral, des clins d’oeil aux politiciens… Autant de thèmes que les Mauriciens auront le plaisir de découvrir au cours de ce festival.  De l’humour populaire, certes, mais doublé de créativité et d’un rire en continu pour déstresser.