Les premières cent heures de l’opération de renflouage du cargo MV Benita, battant pavillon libérien, drossé sur les récifs au large de Mahébourg, n’ont pas donné les résultats escomptés. En parallèle, le sludge (cambouis) rejeté dans le lagon et en provenant des moteurs du cargo, a provoqué une première alerte en dépit des assurances des autorités à l’effet qu’aucune fuite de fioul et de carburant n’a été notée du bateau depuis vendredi dernier. Toutefois, la priorité de la cellule de crise, qui se réunit chaque jour pour prendre connaissance de l’évolution de la situation, reste le pompage des 125 tonnes métriques de carburant et les 35 tonnes de gazole dans les réservoirs du MV Benita. Mais les arrangements pour effectuer le transfert des équipements de pompage à bord du cargo n’ont pas été concluants dans la journée d’hier en raison des conditions difficiles en mer. D’autres options ont été adoptées pour aujourd’hui alors que les Salvors grecs, arrivés à Maurice samedi, ont déjà pris la décision de solliciter le concours d’un second remorqueur, avec une capacité accrue, pour l’étape de la mise à exécution du Refloating Plan, susceptible d’être échelonnée sur un mois environ.
Dans l’immédiat, la préoccupation des responsables de la Salvage Operation est axée sur des composantes du Contingency Plan pour lutter contre toute possibilité d’Oil Spill dans le lagon du sud-est de l’île. Évidemment le risque zéro n’existe pas dans le cas de naufrage d’un cargo dans un lieu aussi rapproché que la côte et dès samedi matin, premiers moments de panique. Des Oil Patches avaient parsemé le lagon avec des premiers éléments de pollution de la plage du Bouchon. Environ un kilomètre de Curtain Booms ont été déployés dans des endroits stratégiques dans le lagon en vue de contenir la progression et la dérive d’Oil Patches et cela depuis samedi matin.
Après les premières vérifications de l’état des cuves de carburant sur le MV Benita, les autorités ont tenté de transmettre un message rassurant sur la présence de ces nappes d’huile lourde dans le lagon. Des éléments de la National Coast Guard Oil Spill Team, du ministère de l’Environnement et de la Special Mobile ont été déployés sur les lieux en vue de procéder à leur nettoyage. Des prélèvements d’eau dans le lagon ont été effectués par le ministère de l’Environnement en vue d’analyses en laboratoire.
Entre-temps, ce matin, des premiers poissons intoxiqués retrouvés dans le lagon relancent la polémique sur les risques de pollution. Des pêcheurs de la région, ayant eu vent des effets de la présence d’huile lourde dans le lagon, sont montés en première ligne pour réclamer des explications des autorités à ce sujet. « Ki gouvernman pou fer pou nou la ? » se demandaient des pêcheurs réunis sur la plage du Bouchon alors les premières rotations de l’hélicoptère de la police se faisaient entendre sur la mer.