Bientôt quatre semaines que le cargo MV Benita a fait naufrage sur les récifs au large de Mahébourg. Les dernières délibérations de la cellule de crise sous la supervision du Director of Shipping sont consacrées aux détails de l’opération de renflouage. Les indications sont que le compte à rebours a été enclenché avec objectif d’un premier essai de renflouage pour le mardi 19 juillet. Toutefois, cette tentative de désincarcérer le cargo en détresse se fera de manière hydraulique même si l’expert américain DEMEX Ltd et les spécialistes de Five Oceans Salvage Ltd tentent un ultime forcing pour que l’option de dynamitage ne soit pas totalement écartée dans la conjoncture. D’autre part, le ministère de l’Environnement demeure en état d’alerte d’autant plus qu’avec le renflouage, un résidu de la cargaison de 120 tonnes d’huile lourde, qui était dans les cuves du cargo, pourrait retrouver à la mer et susciter la psychose d’un Oil Spill parmi la communauté des pêcheurs du sud-est de l’île.
Des recoupements d’informations auprès des sources concordantes au sein de la cellule de crise indiquent que les préparatifs pour l’étape du renflouage du MV Benita ont atteint un stade avancé. La date arrêtée à ce jour pour l’exécution du plan est le 19 juillet, soit un mois après la mutinerie ayant débouché sur le naufrage. « Cette opération dépend de la marée et de l’état de la mer », fait-on comprendre dans ces mêmes milieux concernés.
Dans un premier temps, les Salvors de Five Ocean Salvage Ltd, bénéficiant du concours d’autres spécialistes, devront faire usage de moyens hydrauliques à l’extérieur du cargo pour le libérer des récifs. « Une telle opération à l’intérieur de la cale N° 5 du cargo comporte des risques graves à la sécurité du personnel. Ce serait plus prudent de travailler à l’extérieur », ajoutent ces mêmes sources autorisées.
À ce stade, les responsables du Refloating Plan misent au moins trois scénarios pour désenclaver le cargo des récifs. Néanmoins, si ces plans ne donnent pas des résultats escomptés, ils comptent revenir à la charge avec le plan pour l’utilisation de bâtons de dynamite. Dans ce contexte, l’aval du ministère de l’Environnement est primordial. « Pour convaincre les autorités de ne pas écarter l’option du dynamitage, les responsables de l’opération donnent la garantie qu’une très petite quantité de dynamite sera utilisée, soit juste pour faire des cracks dans la roche basaltique en vie de sa désintégration en mer. Les tests effectués sur terre s’avèrent être sans risques pour l’environnement », soulignent ceux qui sont en faveur de l’implosion à la dynamite.
« Nous connaissons pertinemment bien les dégâts causés à l’environnement marin du temps où l’on pêchait à la dynamite. Nous devrons éviter autant que possible d’avoir recours au dynamitage. Mais il est vrai de dire que la dernière possibilité de remettre à flots le MV Benita reste une Very limited controlled opération de dynamitage », concède-t-on du côté du ministère de l’Environnement.
Dans l’immédiat, la principale préoccupation au ministère de l’Environnement est axée sur le reliquat des 120 tonnes d’huile lourde dans les réservoirs du MV Benita au moment du naufrage. « Nous avons déjà écarté l’aspect le plus dangereux du naufrage, soit le pompage de ces 120 tonnes d’huile lourde du cargo sans que cette cargaison ne soit déversée dans la mer. Ces 120 tonnes d’huile lourde classaient ce naufrage dans le Tier 3 des catastrophes en mer, soit le plus haut niveau. C’est maintenant chose du passé. Mais nous devons être encore plus vigilants pour la dernière étape avec le résidu d’huile lourde encore sur le bateau avec des risques que lors du renflouage cette couche d’huile flotte en mer. Nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires pour parer à toute éventualité tout en rassurant la population que le plus dur est sous contrôle », affirme-t-on du côté de l’Environnement.
Dans cette perspective, le Deputy Director of Environment, Santarama Mauloo, une représentante de l’International Tankers Owners Federation, Anabelle Nicole, un spécialiste de Swire Ltd, Wayne Obrina et un officiel de la Beach Authority, Dev Deepak, ont effectué une descente des lieux à l’îlot Brocus, un des points les plus vulnérables avec le naufrage du cargo battant pavillon libérien. De leur côté, des experts du Mauritius Oceanography Institute et de l’Albion Fisheries Research Centre ont effectué des plongées sous-marines pour une évaluation de la situation en vue de soumettre un rapport complet avec photos à l’appui aux autorités compétentes.
En mer sur les lieux du naufrage, le monitoring des quelque 650 mètres de booms, installés pour contrôler le mouvement des pollutants en mer, se poursuit avec le déploiement des membres du personnel de la National Coast Guard et de la National Coast Guard Pollution Response Team. Des éléments de la Special Mobile Force et du ministère de la Pêche sont engagés dans le nettoyage de l’Îlot Brocus affecté par l’huile lourde en prévision du rendez-vous du 19…