L’exposition Voyage dans le monde du Capricorne de l’Association Région Sud Terres Créoles (ARS) permet, à l’horizon d’un regard d’artiste, d’embrasser la réalité de cinq pays : Maurice, les Seychelles, les Comores, Madagascar et La Réunion, voisins par la géographie et cousins par l’histoire. C’est le Mauritius Institute qui abrite cette manifestation à l’initiative de l’Organisation de la Diaspora.
Le public est invité à faire ce voyage à travers des textes et des images, des illustrations d’artistes. C’est une démarche formelle et chromatique de la part des artistes choisis. Par exemple, les Comores sont représentées part le vert chromatique et l’architecture des Mille et Une Nuits. Pour ce qui est de Maurice, il y a la représentation du timbre-poste et la palette graphique de Malcolm de Chazal.
ARS Terres Créoles s’est emparé d’un moment précis pour rappeler que les Mauriciens appartiennent à un espace républicain, mais abrite aussi le siège de la Commission de l’océan Indien (COI). Mario Serviable, président de l’ARS, nous dit que la COI est une organisation d’état, une entité politique mais pas populaire. L’ARS Terres Créoles continuera dans des projets rassembleurs. Elle s’est engagée dans un programme intitulé Paroles d’envol, à un échange de textes d’enfants entre l’école Aimé Césaire de Camp Levieux à Maurice et les enfants de Sainte-Suzanne à La Réunion, avec le concours de la médiathèque Aimé Césaire.
Et enfin pour consigner l’amitié par écrit, deux livres retraçant notre histoire commune ont été présentés : Le Maître de l’Orangerie de Jean Alby, racontant l’aventure de l’agent civil français Philibert Marragon à Rodrigues, et Lafosse et l’histoire, de Mario Serviable, comme témoignage interculturel sur l’émergence des trois langues créoles de l’océan Indien : la mauricienne, la seychelloise et la réunionnaise à la fin du XVIIIe siècle.
Car la langue française a le secret de la callipédie, c’est-à-dire l’art de faire de beaux enfants. Et les prochains discours seront pimentés par les aphorismes savoureux des autres créoles, pour un plaisir partagé.