Après presque deux ans d’hostilités entre le gouvernement mozambicain et le principal parti de l’opposition, avec pas moins de 69 séances de négociations, le parti du Front de libération du Mozambique (Frelimo) et l’ancienne guérilla antimarxiste de la Résistance nationale mozambicaine (Renamo) sont parvenus à un accord de principe et de paix le lundi 11 août 2014 pour cesser les affrontements à l’approche de l’élection présidentielle prévue pour le 15 octobre prochain… un accord, signé, qui a été soutenu et aiguillonné par les Nations unies, le Portugal, l’église catholique et les gouvernements donateurs étrangers.
Pour rappel, la tension et les accrochages réguliers entre le Frelimo et le Renamo – qui se sont livrés une dévastatrice guerre civile durant 16 ans (et qui a pris fin en 1992) – a commencé quand le Renamo, le premier parti d’opposition a accusé le Frelimo au pouvoir d’avoir accaparé tout le produit des richesses du pays. Ce qui a poussé le leader de l’ancienne guérilla, Afonso Dhlakama et sa troupe à reprendre les armes en 2012 et à inciter ses militants à affronter les forces de l’ordre dans le centre du pays tout en dénonçant et vouloir briser l’accord de paix signé le 4 octobre 1992 comme publié dans la page Forum du Mauricien le 4 novembre 2013.
Les termes de l’accord
Le gouvernement n’ayant pas circulé publiquement les détails de cet accord de principe, Yvone Soares – députée de l’opposition – a toutefois indiqué que l’un des termes clés du consensus constitue globalement  à «intégrer les combattants du Renamo aux forces de sécurité nationale », comme le demandait le parti d’opposition ainsi « qu’une amnistie accordée aux combattants impliqués dans les violences de ces deux dernières années». Et selon plusieurs sources, cette réintégration devra cependant être actée par une loi qui sera discutée au parlement incessamment.
Du côté du gouvernement mozambicain, Gabriel Muthisse – chef adjoint de la délégation gouvernementale – indique que dès cette étape franchie, «le gouvernement invitera des observateurs militaires étrangers pour superviser le processus» tout en  «engageant un programme visant à intégrer les hommes armés du Renamo dans l’armée et la police nationale».
L’élection présidentielle
Avec cet accord qui assainira le climat à l’approche des élections générales d’octobre, il y a un certain optimisme du côté du gouvernement ainsi que de l’opposition à ce que la campagne électorale officielle, qui commencera 45 jours avant le vote, se déroule en paix. Ce qui en d’autres termes permettra au leader du Renamo et candidat à la présidentielle, Afonso Dhlakama, de sortir enfin de son quartier général dans la brousse de Gorongosa  et mener sa campagne présidentielle.
En ce qui concerne le parti Frelimo, il est à noter que l’actuel Président Armando Emilio Guebuza ne se présentera pas comme candidat à la prochaine élection présidentielle d’octobre 2014. Ayant déjà deux mandats à son actif, le président sortant a souhaité montrer l’exemple démocratique au sein de son parti, à la population mozambicaine ainsi qu’aux autres états africains en ne briguant pas un troisième mandat.  Ce sera donc à Filipe Nyusi – Ministre de la défense depuis 2008 – qui a été choisi le 1er mars de cette année par 68% des membres du comité central du Frelimo – pour défendre les couleurs du parti au pouvoir. Tâche qui ne sera pas facile avec la montée en force du Mouvement démocratique de Mozambique (MDM) mené par Daviz Mbepo Simango, le maire populaire de Beira qui est sorti boosté des municipales de novembre 2013 ; il est aussi le fils de Uria Simango, le premier vice-président du Frelimo. Espérons donc qu’il n’y aura pas de « macadams » dans les prochaines semaines susceptibles de déstabiliser le fameux accord de paix. Attendons voir…