Le leader du MSM, Pravind Jugnauth, a déclaré hier après-midi que les députés de son parti voteront pour le projet de loi sur la non-obligation de déclarer son appartenance ethnique sur la fiche électorale lors des prochaines élections générales, que présentera le Premier ministre, Navin Ramgoolam, cet après-midi au Parlement. Auparavant, il a critiqué les différentes propositions de ce projet de loi avant d’annoncer qu’il ne déclinera personnellement pas son appartenance ethnique sur la fiche électorale mais qu’il conseillera à ses députés de le faire. « Ena wit siez depite pou gayne », a-t-il répondu au Mauricien, qui lui a réclamé des explications sur cette contradiction.
« Nous voterons le projet de loi, même si nous avons des réserves du point de vue légal au sujet des propositions », a déclaré M. Jugnauth. Il a justifié sa décision par le fait qu’on ne peut empêcher un candidat de ne pas déclarer son appartenance ethnique « si li pa anvi ». Et de qualifier ce projet de loi « d’absurdité, de volcan social, d’agenda caché et d’extrêmement dangereux ». Surtout, dit-il encore, « que c’est une dérogation temporaire, uniquement pour les prochaines élections générales ».
Selon ses interprétations du projet de loi, aucun mécanisme n’est prévu pour servir à l’allocation des sièges de “best-losers”. « C’est un manquement majeur dans le projet de loi, et c’est grave », a-t-il estimé, avant d’ajouter : « Sa kapav amen enn sityasyon exploziv. »
« Cet exercice peut être faussé et il peut amener un débalancement total au détriment des autres communautés », a-t-il déclaré. M. Jugnauth a trouvé une autre interprétation de ce projet de loi : c’est que l’on prédéterminera les candidats qui obtiendront les sièges de “best-losers”, et ce sans tenir compte des résultats des prochaines élections générales. « Pe zwe avek dife kominal, anplis pe touzour servi census 1972 pou kalkil best loser », a-t-il affirmé. Selon lui, cette démarche va à l’encontre de la section 3 du premier schédule de la Constitution du pays. M. Jugnauth a laissé entendre que, pour lui, qu’importent les interprétations et le mécanisme qui sera adopté pour déterminer les candidats qui obtiendront les sièges de “best-losers”, « pou ena enn problem serye, parski an voulan koriz enn anomali, pou al kre lezot ».
Auparavant, le leader du MSM s’était demandé pour quelle raison le Premier ministre n’est pas venu avec la réforme électorale au lieu de ce mini-amendement, « vu qu’il dispose d’une majorité de trois-quarts au Parlement ».