L’ex-PM convoqué pour s’expliquer sur le document de la Non-Citizen (Property Restriction) Act du 26 janvier 2014, les Rs 224 millions du 6 février et le prêt de Rs 40 M pour le « château » de Roches-Noires
L’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam est retourné à l’Interrogation Room du Central CID en fin de matinée, accompagné de Me Showkat Oozeer vu que ses autres conseils légaux ne peuvent l’assister pour éviter des problèmes de conflits d’intérêts dans l’enquête sur la BAI Mega Financial Scam. Le Mauricien a appris à la mi-journée que cette séance d’interrogatoire pourrait se dérouler sur trois fronts.
D’abord, le dossier du “super deal” du Bramer Property Fund (BPF) de Rs 105 millions à l’ancien Chief Executive Officer (CEO) de la State Investment Corporation (SIC) Iqbal Mallam-Hasham figurera en bonne place lors de cet interrogatoire. L’ex-Premier ministre sera confronté à l’autorisation sous la Non-Citizen (Property Restriction) Act, signée le 26 février 2014 en faveur de la société fantôme d’Ottoman Capital Ltd (OCL) pour l’acquisition de deux paliers de la Bramer House au coût de Rs 105 millions, opération financée avec un emprunt de la défunte Bramer Banking Corporation Ltd.
Des explications formelles sont attendues de Navin Ramgoolam au sujet des vérifications des acquéreurs de ces propriétés foncières par des étrangers. Il sera entendu sur l’existence des “consent letters” de Médecins Sans Frontières et de la Croix-Rouge vu que ces deux Ong internationales sont les deux seules bénéficiaires dans le “trust deed” du Byzantium Trust, servant d’écran à OCL. Des soupçons perdurent à l’effet que Navin Ramgoolam aurait apposé sa signature au bas de cette autorisation formelle pour répondre à une exigence du Chairman Emeritus de la BAI Dawood Rawat. En janvier de l’année dernière, la Bramer Asset Management et la BPF avaient fait face à un urgent besoin de liquidités devant les injonctions de la Financial Services Commission (FSC) pour ne pas recruter de nouveaux clients en raison d’un trou de Rs 2,4 milliards dans les comptes.
L’ancien Premier ministre sera aussi interrogé au sujet des Rs 224 millions, dont Rs 110 millions en devises étrangères, saisies lors de la perquisition de sa résidence de River-Walk le 6 février dernier. Il sera également entendu pour la première fois sur le prêt de Rs 40 millions contracté auprès de la Bramer Bank pour faire l’acquisition du bungalow de Roches-Noires. Comme pour les précédentes fois, il ne faudra pas s’attendre à des réponses de Navin Ramgoolam, qui pourra faire valoir son droit au silence. D’ailleurs, il a quitté les Casrenes vers les 13 heures 30