La cinquième cérémonie de prestation de serment du président de la République avec Kailash (Rajeshwar) Purryag succédant à sir Anerood Jugnauth, a été empreinte de simplicité même si la State House a dû afficher ses airs de pompes à l’occasion. Grands moments d’émotions pour le nouveau président de la république. Historique également ! Car avec son départ de l’hémicycle pour le President’s Office, il ne restera qu’un ultime rescapé de la « Political Class 76 » sous les arcanes de l’Assemblée nationale en la personne du leader de l’opposition, Paul Bérenger. Expliquant en grande partie les remerciements chaleureux renouvelés du président de la république à l’égard de Paul Bérenger pour sa présence à cette cérémonie solennelle. Les autres Sitting Members n’ont fait leurs premières armes parlementaires qu’après les élections di 11 juin 1982.
La partie protocolaire était sous la présidence du chef-juge, Bernard Sik Yuen, qui a tenu à féliciter chaudement Kailash Purryag, un ancien de la profession légale, pour son installation aux plus hautes fonctions de l’État. Peu après la prestation de serment, le président de la République, en compagnie du Premier ministre, Navin Ramgoolam, a passé en revue sa première garde d’honneur au son de la fanfare policière, composée de membres de la Special Mobile Force (SMF), de la police régulière et de la National Coast Guard (NCG) sur la pelouse des jardins historiques du Réduit. Ensuite, ce fut la traditionnelle photo avec les ministres sur les perrons du Château.
Le nouveau président de la République place son mandat sous le signe de l’unité de la nation. C’est ce qu’il a indiqué dans sa première déclaration de presse. Encore sous l’emprise de l’émotion, il a déclaré que « la chose la plus importante pour la République de Maurice reste l’unité de la nation. Je ferai de mon mieux pour assurer et consolider cette unité pendant mon mandat en tant que président de la République. La jeunesse sera aussi une de mes préoccupations ».
Kailash Purryag n’a nullement oublié le cheminement politique et les principes qui l’ont conduit à la State House. « Mo bien kontant mone vine Président de la République. Mo in tuzur fidèle à mo parti. Mo ti komiser dan minisipalité Vacoas/Phoenix de 1974 à 1976. Pu eleksyon 76, se Dr Ramgoolam ki ine donne mwa ène chance pou rant dan politik. A partir là, mo carrière politik ine kumansé. Gagné perdi nu ine reste lamem ek ansam », a-t-il poursuivi.
Le nouveau président de la République a rendu un vibrant hommage à l’actuel Premier ministre, Navin Ramgoolam. « A partir de 90, mo ine gagn lokasyon servi Dr Ramgoolam. Se ene dimoune ekstraordiner ki mo ine gagn lokasyon servi. Li pou dir ou mo fine travay avek buku de loyoté ek mo fier ek remersie ki li ine propoz mo nom pou vine président », fait-il comprendre
En dernier lieu, Kailash Purryag a salué la présence de Paul Bérenger à la cérémonie officielle. « Je tiens à remercier de vive-voix le leader de l’opposition qui a soutenu ma candidature publiquement même s’il n’a pu être présent à l’Assemblée nationale vendredi. Paul Bérenger est venu à la State House (aujourd’hui) et je le remercie sincèrement », dit-il.
Avant de prendre congé des membres de la presse, le nouveau président de la République n’a pu s’empêcher de jeter un coup d’oeil en arrière sur sa carrière. « La politique li vrémen ène angazma. Ou pena letan pou. Ou bizin angaz ou parski bann dimoune ki ine vote ou éna buku lespwar dan ou. Se pou sa ki ou bizin ena angazma 100% vis-à-vis élektora ek samem ki mo ine fer tout ma lavi », s’est-il appesantit.
« De ce fait, ma vie familiale était devenue secondaire à la bien politique. Je dois dire que mon épouse et ma fille ont fait preuve de beaucoup de compréhension et de sacrifice », devait-il avouer.
La présence de Paul Bérenger aux premières loges pour la prestation de serment n’a pas échappé à l’attention du Premier ministre. « Je me félicite de la présence du leader de l’opposition, qui je sais, a eu à faire face à des pressions. Il les a surmontées. Il n’est pas question de politique. C’ela relève simplement de la présidence de la République », a-t-il ajouté.
Ce commentaire prend toute son importance quand l’on constate que les anciens présidents de la République, Cassam Uteem et Karl Offman et l’ancien vice-président, Raouf Bundhun, ont fait honneur à leurs précédentes fonctions républicaines en effectuant le déplacement à la State House, alors que le précédent président de la république, sir Anerood Jugnauth, brillait par son absence.
Par contre, Ashok Jugnauth ne ratait pas l’occasion de souligner à ceux présents à la State House que « le Remake 2000 est Bed-Ridden. Si ce n’est pire malgré les apparences. Vous voulez me faire croire que tout a été raccommodé en une nuit ». Le leader de l’Union Nationale a confirmé à la presse que pas plus tard que vendredi, il avait eu une séance de travail avec le Premier ministre et l’un des dossiers abordés a été les prochaines élections municipales.
Un autre invité, qui n’est pas passé inaperçu, est un autre vétéran de la classe 76, qui devra effectuer un come-back au sein de l’hémicycle. Razack Peeroo, pressenti pour être le prochain Speaker de l’Assemblée nationale, a tenu à féliciter son camarade de combat. « Je suis extrêmement heureux pour le nouveau président de la République. Il mérite pleinement cette reconnaissance », dit-il.
« Ce sera un retour au sein de l’hémicycle après une absence de 12 ans. Ce n’est pas tellement évident, car les choses ont bien changé. Je tâcherai de faire de mon mieux dans le respect des droits de tout un chacun », fait ressortir le Speaker-in-Waiting à Week-End.
Si le Premier ministre a passé presque 90 minutes à converser avec les invités à la State House, plus particulièrement avec le nouveau président de la République et des membres de sa famille au salon du Réduit, ceux présents ont témoigné de trois « grosses colères » de Navin Ramgoolam. La première est intervenue dès son arrivée à la State House. Il n’était nullement satisfait des dispositions arrêtées par l’intendance du Réduit avec les invités ayant à parcourir une relativement longue distance à pied.
Très probablement, ce cafouillage avec les voitures a eu des répercussions sur le flot de véhicules dans l’allée principale jusqu’à la grille d’entrée. Puis, il y a eu une remarque du leader de l’opposition à ce sujet. Le Premier ministre ne devait pas mâcher ses mots en soulignant qu’il n’acceptera que les différents services se renvoient la balle sur ce problème. Le concerné fut convoqué illico presto pour un « savon », avant que le Premier ministre et la vice-présidente de la République, Monqiue Ohsan-Bellepeau ne passent en revue la garde d’honneur.
Le deuxième et troisième épisodes des coups de gueule ont eu pour victimes Harish Chundunsing et Sanjay Bhuckory. Navin Ramgoolam, qui leur a dit ses quatre vérités au visage, ne voulait rien entendre de leurs explications. Dans les deux cas, les concernés n’ont eu d’autre choix que de glisser tranquillement parmi les autres invités pour faire oublier ce contretemps inattendu…