Du 8 au 12 avril, 380 jeunes délégués de 20 pays et d’établissements secondaires différents se sont retrouvés à Rome pour participer à des simulations de sessions de travail des Nations unies (RIMUN-Rome International Model United Nations) qui accueillent chaque année des milliers de participants du monde entier. Parmi eux, dix élèves de la Northfields International School ont tenu le rôle d’ambassadeurs et ont représenté un pays qui n’est pas le leur pour débattre sur le thème « Refugees and Migrants: Europe’s past history and world’s future challenge ». Cette 5e participation de l’établissement de Mapou au MUN a été un véritable succès, notamment avec la distinction d’un des élèves du Lower 6, Christopher Philogène, élu « RIMUN’s Overall Best Delegate ».
Depuis cinq ans, l’établissement privé inscrit une dizaine d’élèves des upper classes (de 16 à 17 ans) à ces simulations du fonctionnement des Nations unies qui ont eu lieu à Dubaï, Danemark et Italie. Le Modèle des Nations Unies (MUN) qui se tient chaque année dans différents pays du monde est une simulation de l’Assemblée générale des Nations unies. Dans le cadre de cet événement, des étudiants se mettent dans la peau d’ambassadeurs des États membres de l’ONU pour débattre de questions d’actualité qui sont au programme de l’organisation. Pour jouer leur rôle d’ambassadeur, ces derniers prononcent des discours, préparent des projets de résolutions, négocient avec des alliés et des adversaires, résolvent des conflits et s’adaptent au règlement intérieur de la conférence du MUN — tout cela afin de mobiliser la coopération internationale pour résoudre des problèmes qui touchent les pays du monde entier.
Cette année, pour la première fois, un élève mauricien s’est distingué dans cette simulation. Il s’agit de Christopher Philogène, âgé de 16 ans. Cet élève du Lower 6, ses camarades et deux accompagnateurs, Asvin Bundhun et Navishka Canakiah, professeur de Business Management et de français respectivement, ont vécu une expérience enrichissante qui restera indélébile dans leur mémoire.
La fierté de Maurice
Le jeune Christopher a non seulement fait la fierté de son école, mais celle de son pays, en étant élu meilleur délégué de son groupe et « Overall best delegate » lors de ces « rencontres diplomatiques », sur 380 élèves issus de 20 pays différents. Grâce à cette récompense, il pourra, s’il le souhaite, être membre juge l’année prochaine lors du MUN.
À Rome, le jeune homme qui aspire à devenir avocat, a prouvé qu’il avait une parfaite maîtrise de soi et qu’il avait une bonne compréhension des sujets complexes traités à l’ONU. Comme à l’école, il a cette facilité à se lever et prendre la parole et de débattre en public, dit-il. Son sens de la négociation et de l’argumentation, sa capacité à prononcer des discours et rédiger des résolutions ont été appréciés des membres juges.
L’ouverture de la cérémonie a eu lieu au Aula Giulio Cesare et la cérémonie de clôture au Aula Magna. La conférence étendue sur cinq jours, était divisée en plusieurs comités. Christopher, le délégué irakien pour cette édition, avait une tache ardue à accomplir, car les problèmes (politique interne et géopolitique) ayant trait à ce pays sont, comme on sait, infinis. « Pour le MUN, il faut étudier différents problèmes qui sont d’enjeu planétaire. Par exemple, les armes de destruction massive, les lois pour éradiquer le terrorisme, le trafic humain… Nous devions trouvés des solutions aux problèmes tout en respectant l’agenda de notre pays (NDLR : l’Irak dans son cas). Par exemple, nous savons qu’en Irak, l’égalité des sexes est un sujet brûlant. Les thèmes sont d’abord débattus au sein de notre comité avant d’être présentés en assemblée en fin de conférence. À tour de rôle, les élèves doivent se lever pour présenter l’opinion de leur pays sur la meilleure façon de lutter contre ces problèmes. Et pas question de raconter n’importe quoi: il faut savoir de quoi l’on parle, ne pas dire n’importe quoi juste parce qu’il faut intervenir », nous dit notre jeune diplomate. Enfin, il est important de bien connaître la diplomatie internationale pour repérer les alliés potentiels, avant de soumettre les résolutions au comité chargé de vérifier le respect des formes.
Une préparation de longue haleine
Avant de jouer leur rôle d’ambassadeur dans une simulation du Modèle des Nations Unies, les élèves doivent effectuer beaucoup de recherches. Si le thème leur a été communiqué trois mois seulement avant le MUN, la préparation commence dès la forme 4. Loin d’être un pensum pour eux, les élèves y ont manifesté beaucoup d’intérêt, de sérieux et d’application à maîtriser leurs sujets et, beaucoup plus important, la prise de parole en public, et les arguments percutants pour le convaincre. Tact, finesse, souplesse, fermeté, sang-froid, ruse (s’il en faut), sens de la patrie, dossier maîtrisé à fond… autant de qualités à acquérir pour être fin ambassadeurs. « Pour ceux qui souhaitent se préparer à cette participation, la préparation commence dès la forme 4 dans le cadre du club MUN de l’école (le club compte une quinzaine de membres : des élèves de la forme 4 et du Lower 6). Ainsi, pendant deux ans, les élèves vont apprendre comment fonctionne l’ONU, mais aussi à développer leur aptitude à l’argumentation et la prise de parole. Cet exercice a lieu chaque mercredi après-midi, durant une heure », nous dit Asvin Bundhun.
Il a fallu trois mois seulement aux étudiants de la Northfields International School pour fignoler leurs dossiers. Ces derniers sont Saakshee Ramjutan, Pooshaan Singh Jhoonutk, Roberto Robin, Matteo Sydor, Yovissen Parasuraman, Liam Beechouk, Sakshi Purgus, Ryo Jean-Louis, Grace Tse Lop Kun et Christopher Philogène, tous âgés entre 16 et 17 ans : une dream team triée sur le volet, car il ne s’agissait pas d’une sinécure, mais plutôt des questions politiques et géopolitiques les plus épineuses. « Dans notre comité, chaque délégué représentait un pays: l’Irak, le Haïti et le Niger », nous dit Christopher. Un travail individuel et collectif méthodique avant de plonger dans l’arène de la diplomatie mondiale à Rome.
« Je suis plus à l’aise maintenant dans la communication avec les autres »
Un séjour des plus enrichissants à la Ville Eternelle pour des jeunes ambassadeurs en herbe qui avaient le destin du monde entre leurs mains pour une semaine. Pour la plupart d’entre eux, la conférence a renforcé la confiance en eux et a accru leur sensibilisation aux affaires mondiales. « Je suis plus à l’aise maintenant dans la communication avec les autres », nous dit Saakshee Ramjutan. « La conférence a élargi nos connaissances. Aussi, nous avons rencontré, durant une courte semaine, des élèves venant de multiples horizons et cultures différents et cela a été très enrichissant », dit Yovissen Parasuramen. Christopher, qui se destine à la basoche, a indiqué qu’il a déjà suivi un cours sur le fonctionnement du MUN à l’université de Georgetown lors des vacances avec ses parents à Washington DC.  « Cette expérience m’a appris à développer les qualités d’un bon délégué, d’un bon diplomate », dit-il.
Pour les enseignants, c’est une mission accomplie, une fierté, et l’occasion leur a été donnée de faire connaissance avec des élèves de différents pays et de dialoguer et nouer amitié avec leurs profs : « Nous avons tous énormément bénéficié de cette expérience qui, bien sûr, a permis une approche des différentes cultures, de rencontrer des personnes intéressantes et de nouer de nouvelles amitiés avec des élèves d’autres pays. L’ambiance était très conviviale», nous dit Navishka Canakiah, heureuse d’avoir partagé cette expérience qui a rapproché davantage, dit-elle, les profs de leurs élèves.
Quant à Asvin Bundhun, il se dit impressionné par la bonne organisation de cette simulation qui a pour but de former les participants « aux négociations internationales, visant à promouvoir les droits de l’homme. It was interesting to see such a rich cultural diversity under one roof debating, arguing and stating different perspectives to one agenda », dit-il.