La mauvaise passe du PMSD continue. Le parti perd un nouveau membre. Et cette fois, ce n’est pas n’importe qui! C’est un Duval qui s’en va… Richard Duval, le frère du leader des bleus – qui avait, pourtant, emboîté le pas à Xavier Duval lorsque ce dernier claqua la porte du gouvernement –, a soumis sa démission, cette semaine, de toutes les instances du parti. Si, à ce stade, il dit réfléchir sur son avenir politique, des informations circulent à l’effet que l’ancien chef de file du PMSD dans la circonscription No 17 a été approché par le PTr et qu’une nomination est à la clé de ce départ de la basse-cour bleue.
Un mois après la débandade qu’a connue le PMSD à la suite de son départ du gouvernement – avec notamment des dissidences engendrées avec son ancien président Maurice Allet, ainsi que Norbert Froget, Ishwar Charitar, Nanda Kitsnen, Jean Harel Lamwohee, Gérard Lemaire, Nono Assy et Om Roodurmun, qui ont préféré garder les postes pour lesquels ils ont été nommés par le Premier ministre –, cette fois, c’est un membre de la famille qui quitte la basse-cour bleue. Le frère de Xavier Duval, pourtant l’un des premiers à soumettre sa démission de son poste à la State Development Co. Ltd, abandonne le PMSD. Dans sa lettre, soumise au secrétaire-général du parti, il n’aurait donné aucune explication. Depuis, malgré nos sollicitations, Richard Duval ne répond pas au téléphone. Cependant, à l’un de nos confrères, il aurait laissé entendre que sa décision de quitter le PMSD a été motivée par le fait qu’il a été relégué comme backbencher dans son propre parti, qui l’aurait évincé de toutes ses instances. L’ancien chef de file, nommé à Curepipe en mars 2013 à la place de Michaël Sik Yuen qui en faisait voir de toutes les couleurs au PMSD, laisse aussi entendre que le PMSD a commencé, depuis un certain temps, à dévier des principes que lui avait insufflés Sir Gaëtan Duval.
Une nomination à la clé
Difficile, à ce stade, de comprendre les véritables motifs derrière ce départ. D’autant que des informations circulent à l’effet qu’une nomination par le PTr, qui viendrait après les prochaines élections, aurait décidé Richard Duval à partir. Il aurait, par ailleurs, eu une rencontre cette semaine avant de soumettre sa démission avec l’un des dirigeants du gouvernement. Dès lors, si la nouvelle semble avoir pris de court plus d’un, dont les dirigeants du parti, on fait ressortir au sein de la basse-cour bleue que Richard Duval avait pris ses distances du PMSD depuis quelque temps déjà. Ce, même s’il s’est rendu aux différents congrès organisés par le PMSD cette année, dont le dernier à l’auditorium Octave Wiehe, lors duquel le nouveau président Maistry Ramalingum a été nommé.
Interrogé, le leader du PMSD n’a pas souhaité commenter la démission de son frère, nous renvoyant au président du parti. Pour Maistry Ramalingum, “quand on est dans l’Opposition, il y a des sacrifices à faire. Peut-être que notre ami Richard n’est pas prêt à faire ces sacrifices.” Et d’expliquer que dans toutes les formations politiques, les démissions sont courantes. “Le PMSD est une grande famille. Le plus important est l’avancement du parti. On a besoin de gens dynamiques pour travailler en ce sens”, dit le président du PMSD, qui estime par ailleurs que “ce n’est pas parce que Richard Duval porte le nom de Duval qu’on devrait lui accorder une autre place.” Selon lui, le PMSD donne la chance à ceux qui sont capables de mener à bon port l’agenda et le programme du parti. “Xavier Duval l’a fait de manière à ce que le parti sorte gagnant”, soulignant que “Richard Duval n’a pas été relégué. Il a eu sa chance pour s’exprimer et contribuer, mais il n’y a pas eu les résultats escomptés.”
Rappelons qu’outre ses déboires avec la police après un accident de la route en 2013 pour avoir refusé de se soumettre à un alcootest, s’il avait été député de la circonscription No 12 (Mahébourg/Plaine-Magnien) de 2005 à 2010, Richard Duval a été évincé des législatives de 2010, n’obtenant pas de tickets à la suite du scandale Cindy Legallant. Cette Mauricienne avait été arrêtée en juillet 2008 par la brigade antidrogue à sa descente d’avion de Paris, avec des comprimés de Subutex d’une valeur de Rs 23 millions.
Au sein du PMSD, on fait ainsi ressortir que depuis le début de l’année, Richard Duval n’était plus actif au sein de la circonscription No 17 qu’il aurait délaissée. Ce, bien avant que le PMSD ne quitte le gouvernement. Les bruits courent que c’est une nomination intervenant après les prochaines élections générales qui aurait décidé Richard Duval à abandonner son frère, bien qu’il ait démenti l’information auprès de nos confrères. Il aurait aussi été question de différends personnels et financiers entre les deux frères. À ce stade, au PMSD, on souhaite que Richard Duval revienne à de meilleurs sentiments. Maistry Ramalingum insiste, cependant, que “la politique est une question de conviction.”