Tristesse et désarroi ont gagné les familles Buddoo et Ramsamy depuis la découverte d’ossements humains, jeudi après-midi, à Le Souffleur précisément où Rakesh Buddoo, 34 ans, et son neveu Jessen Catherine, 21 ans, ont disparu, 22 jours plus tôt. Les deux étaient des partenaires de pêche inséparables. Les proches rencontrés, vendredi, sont confiants que les restes humains sont bien ceux des deux disparus, attendant toutefois la confirmation des tests ADN. À hier soir, les parents des disparus n’avaient pas encore été convoqués en vue de faire des prélèvements.
La nouvelle selon laquelle des ossements humains comprenant un crâne et des os du pied ainsi qu’une chaussette blanche et une patte de canard s’est répandue comme une traînée de poudre dans le village de l’Escalier. Proches et connaissances ont afflué au domicile des Buddoo dans l’attente d’en savoir plus. Ce sont des pêcheurs et des amis plongeurs des deux disparus qui ont informé la famille avant d’alerter le poste de police de l’Escalier. 
Les deux pêcheurs aguerris ont disparu dans la nuit du 7 au 8 mai dernier. Ils ne sont jamais rentrés et le jour de leur disparition, seul un sac destiné à conserver les prises a été retrouvé.
Les familles n’ont jamais perdu espoir de revoir un jour remonter à la surface le corps de Rakesh Buddoo, affectueusement appelé Popol, ou celui de leur neveu Jessen Catherine. D’ailleurs, confie Seela Buddoo, 55 ans, mère de Rakesh, la famille entière s’y rendait tous les jours jusqu’à la tombée de la nuit dans l’attente de revoir un des corps.
Pour l’épouse de Rakesh, Shiksha, 23 ans, c’est une épreuve douloureuse: « Ti bien difisil. Inn ress atan meme. » Elle confie avoir nourri le maigre espoir de revoir son époux vivant mais que face à l’inévitable, elle serait soulagée d’être fixée sur les ossements. Sa préoccupation immédiate reste sa fillette d’un an et demi, Shrishti, qui ne cesse de réclamer son père. « À chaque son de moteur de van qu’elle entend, elle accourt dans l’espoir de voir son père, mais repart déçue« , confie-t-elle. La jeune femme soutient que son époux était affectueux et se donnait corps et âme pour sa famille. « Jamais nous n’avons manqué de quoi que ce soit » (…) « Il ne me reste plus que ma fille; elle est la seule trace tangible de lui », dit-elle en larmes.
Présente également au domicile des Buddoo, Vishwanee Ramdharry, 46 ans, mère de Jessen Catherine, elle aussi inconsolable. À l’annonce que des ossements humains ont été retrouvés, elle s’est déplacée de Surinam pour s’enquérir de la situation. « Li vremen pas fasil pou perdi enn gran garson. Line ale rode so lavi, gete kine arrivé », dit-elle, les yeux humectés de larmes.
Des dispositions ont été prises pour que des tests ADN soient effectués en vue de l’identification formelle. Les parents des deux disparus seront appelés à se soumettre à des prélèvements pour ces tests en laboratoire. Or, le délai des autorités à informer les proches des procédures suscite l’impatience, voire l’indignation au sein des deux familles. À hier soir, nul n’a été approché pour un prélèvement. Ils espèrent tous qu’ils seront bientôt fixés et qu’ils pourront enfin faire leur deuil.