Le Front Commun des Travailleurs Sociaux (FCTS), qui a tenu une manifestation pacifique ce matin devant l’hôtel du gouvernement, a pointé du doigt la réaction du Premier ministre après le rapport de l’Audit. Le mot « inacceptable » revenait aux lèvres des manifestants.
Bien que les cas de gaspillage évoqués par le rapport de l’Audit 2012 soient choquants, c’est surtout la réaction du Premier ministre qui a été critiquée par les manifestants. Déplorant la réaction de Navin Ramgoolam, selon lequel le développement ne pourrait se faire sans dépenses et en respectant les critères de l’audit, le FCTS déclare que « ce type de commentaire » ne fait pas honneur au pays. « Kapav pou li, li trouv sa korek me pou bann dimounn ki lor koltar, li na pa korek » a martelé Eddy Sadien. « Nous sommes pour le développement, mais au détriment de qui ? »
Pour les syndicalistes, la volonté du PM d’instaurer une deuxième République pour mieux combattre le gaspillage ne tient pas. Pour Salim Muthy, le mandat de Navin Ramgoolam depuis 2005 lui a donné assez de temps pour faire cesser les divers gaspillages. « Li na pena okenn lozik », affirme-t-il, ajoutant que les gaspillages par l’État appauvrissent les Mauriciens. « Le gouvernement prend le peuple en otage », dit-il, en se disant plus particulièrement choqué par les chiffres publiés concernant le ministère des Infrastructures publiques.
Pour Darmen Appadoo, les coupables doivent payer pour la dilapidation des fonds. Les précédents rapports de l’Audit, qui avaient déjà dénoncé ce type d’abus, ont été mis aux oubliettes, ce qui démontre la mauvaise volonté politique pour faire cesser ce type de gaspillage. « Ziska ler pann pran okenn sanksion », dit-il, en pointant du doigt le Public Account Committee, qui n’a jamais dénoncé ce type d’abus. « Tou bann maldonn se direkter l’Audit ki pe trouve ek lor sa dan gouvernman ena pe vinn kritik travay ki li finn fer », déplore-t-il. Pour le FCTS, ce type d’abus est aussi le résultat de l’écart qui se creuse entre les riches et les pauvres. « Riss pe vinn pli riss ek pov pe vinn pli pov », soutiennent les manifestants.
Pour combattre la dilapidation des fonds publics, le FCTS souhaite une loi pour la transparence. « Tou larzan piblik depense bizin afise », réclament les manifestants. « Il faut un internal audit dans chaque institution, qui sera rapporté au ministère des Finances ». Les membres du FCTS critiquent également la lenteur de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) dans ses enquêtes. Alors qu’une manifestation a été tenue devant les locaux de cette institution à Mer Rouge l’année dernière pour dénoncer les gaspillages évoqués par l’Audit, aucun suivi n’a été fait sur ce dossier, déplorent-ils.