Les années se suivent et se ressemblent. Le ministère de la Jeunesse et des Sports comme les autres ministères et organismes parapublics continuent d’être épinglés dans le rapport de l’Audit. Celui de 2014 ne fait pas exception à la règle, où mention est faite des millions de roupies gaspillées par le MJS sans grande justification.
Le projet d’extension du stade St-François Xavier paru dans le rapport 2013 refait surface, alors que le contrat pour des travaux conformes au standard international date de 2010. Les travaux étaient (pratiquement) alloués au contracteur principal le 17 décembre 2013 avec une liste additionnelle totalisant Rs 1 160 900. Au 31 décembre 2014, les final accounts de l’ordre de Rs 56 390 439 n’avaient pas encore été soumis au MJS.
En juillet 2014, note l’Audit, l’exercice d’évaluation conduit par un officier du ministère des Infrastructures publiques concernant un excès de paiement de Rs 1,4 M n’avait pas été effectué. À mi-avril 2015, plus de neuf mois après, aucun exercice d’évaluation n’avait toujours pas été complété.
Aucun follow up du consultant employé par le MJS d’une part, ni celui de l’unité des infrastructures du ministère des Infrastructures publiques d’autre part n’étaient assurés pour que le final handing over soit effectué dans les normes et les termes respectés.
Finalement, après plusieurs requêtes, le consultant, qui avait entre-temps été prié de faire stopper tous les travaux, a soumis les comptes le 19 juin 2015 qui sont présentement décortiqués par l’Infrastructure Unit pour s’assurer qu’il n’y ait aucun overpayment.
Consultants
Le directeur de l’Audit cite plusieurs paragraphes du précédent rapport dans la présente version. Faisant référence au rapport pour l’année 2012, il avait souligné, lors de l’exercice 2013, que des frais supplémentaires de Rs 803 157 avaient été payés après une extension des travaux pour une durée de 13 mois. Ces travaux, remarque la directrice de l’Audit, n’étaient pas prévus dans les plans soumis à l’origine.
Le ministère des Infrastructures publiques avait alors informé le MJS que tout délai serait facturé en fonction du retard. Deux ans plus tard, la question n’a toujours été réglée, déplore le rapport.
La réponse du MJS laisse entendre que les demandes pour des paiements additionnels seront référées à l’Attorney General. Aucun paiement additionnel ne sera entretenu tant que les travaux additionnels ne seront pas approuvés. Le bureau de l’Attorney General sera consulté pour tout paiement supplémentaire, le MJS n’ayant approuvé aucune charge de travail additionnelle.
Travaux de déblayage à Camp Levieux
Le rapport de l’Audit fait également mention du terrain de 10 arpents à Camp Levieux pour la construction d’un centre récréatif et d’un vélodrome. La Fédération mauricienne de cyclisme avait soumis les plans pour un vélodrome en octobre 2012 et informé le MJS qu’elle bénéficierait de l’aide financière d’une institution internationale.
En novembre 2012, les travaux de déblayage du terrain avaient été alloués pour une somme de Rs 1 050 000 (tva incluse). Les travaux avaient été complétés un mois plus tard.
Lors d’une visite en 2014, les officiers de l’Audit ont découvert un terrain en friche. Dans son rapport, le MJS avait indiqué que le terrain devait être déblayé, comme demandé par le ministère des Terres et du Logement. La directrice de l’Audit rappelle que le projet de construction d’un vélodrome a été mis en veilleuse par manque de fonds.
Manque de mesures préventives
En mars et avril 2015, plusieurs visites sur certains sites, tels que les centres de jeunesse et les infrastructures sportives, ont été effectuées. Il a ainsi été constaté que les bâtiments sont en mauvais état et que les pistes synthétiques sont endommagées. L’état des toits des stades va en se détériorant, alors que les sièges sont généralement sales. L’herbe n’a pas été coupée du fait que les équipements sont désuets ou en raison d’un manque de main-d’oeuvre.
Vu l’état des infrastructures et étant donné les observations effectuées, l’impression demeure qu’il existe un manque de mesures préventives. Celles-ci concernent surtout une inspection systématique afin de détecter et d’apporter des corrections nécessaires dès que les premières fissures apparaissent.
L’Audit recommande donc que le ministère de la Jeunesse et des Sports effectue un relevé de foutes ses infrastructures afin de déceler leur état actuel, de prendre les actions nécessaires et de définir les coûts des travaux. Il est recommandé qu’un personnel qualifié soit sollicité pour cet exercice et qu’il travaille en collaboration avec une unité responsable de l’infrastructure, des ingénieurs et architectes.
Reste que les mesures préventives sont en butte à quelques problèmes, notamment le manque de fonds, de travailleurs qualifiés et les implications financières pour les travaux de maintenance pour les contracteurs. Qui plus est, le fait que la plupart des infrastructures se trouvent à une certaine hauteur, cela se situe au-delà des compétences des travailleurs du MJS et du Mauritius Sports Council.