L’industrie porcine est en crise, s’alarme Georges Ah-Yan, du Forum des Citoyens Libres (FCL). Lors d’une conférence de presse ce matin au Centre social Marie Reine de la Paix, ce dernier a fait état des conditions de vie des éleveurs de porcs et critiqué le « manque de réaction » de Satish Faugoo, ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire.
« Quelque 400 éleveurs, formels et informels, sont endettés », soutient Georges Ah-Yan, porte-parole de la fédération des éleveurs de porc. Beaucoup ont reçu des lettres d’avertissements et tous tournent en rond sans savoir vers qui se tourner, dit-il. Lors de la réunionde ce matin au Centre social Marie Reine de la Paix, il a été décidé à l’unanimité d’écrire une lettre au ministre Satish Faugoo afin de réclamer une rencontre avec lui pour trouver des solutions aux problèmes des éleveurs.
Le FCL proposera des solutions au ministre, incluant un moratoire de trois ans pour rembourser leurs dettes et faire baisser le taux d’intérêt de leurs emprunts qui est actuellement de 5 % à 3 %.
Avec l’épidémie de grippe porcine en 2007, tous les porcs d’éleveurs qui auraient pu représenter une menace pour la population mauricienne avaient été abattus. Les éleveurs, par la suite, devaient se faire rembourser pour le nombre de bêtes perdues. Les sommes variaient autour de Rs 125 000 par élevage. Mais lorsque les éleveurs se rendaient à la banque pour obtenir un « grant », celle-ci les forçait à prendre un emprunt pour pouvoir toucher au « grant » en question. « Ça ne se fait pas, se enn dominer sa parski ti bizin ranbours bann dimounn la som de kantite koson kinn abat », affirme Lindsay Veerapen de la Fédération des éleveurs de porcs. George Ah-Yan, lui, demande une compensation pour ces personnes qui sont tellement endettées qu’elles sont sur le point de perdre tous leurs biens matériels : « Zot pa pe kav zwenn le de bout. »
Durant la période 2008-09, le coût de la nourriture pour ces animaux était de Rs 200 le kilo. Mais le prix a augmenté, passant de Rs 200 à… Rs 800. De plus, l’importation de la viande porcine au pays contribue aux problèmes auxquels les éleveurs font face. Ces derniers ont de ce fait lancé un appel alarmant à Satish Faugoo, lui demandant de reconsidérer la limite d’importation à 50% pour permettre aux éleveurs de bien gagner leur vie « parski konsomasyon pe mor ». Georges Ah-Yan a également proposé que des salons culinaires soient mis en place afin de relancer le produit.
La marche à suivre pour la fédération des éleveurs de porcs, en collaboration avec le FCL, serait d’écrire au ministre Faugoo et de le rencontrer, avant de s’entendre sur les nouvelles décisions et revenir vers les éleveurs pour les « libérer de leur calvaire ».