Alain Edouard, le président sortant de la Port-Louis Maritime Employees Association (PLMEA), a, dans une lettre cette semaine, présenté ses excuses au vice-PM et ministre des Transports extérieurs, Xavier-Luc Duval, afin d’être réintégré à son poste dans le Port. Le syndicaliste s’était fait licencier par le board de la Cargo Handling Corporation Limited (CHCL) pour avoir désobéi à l’ordre de son employeur de travailler jusqu’à 15h le 31 décembre 2015. Il était rentré chez lui à midi.
Le syndicaliste devra toutefois encore attendre que le VPM relaie la lettre au board de la corporation et que celle-ci veuille bien le réadmettre selon une formule appropriée afin, dit-on, « de ne pas créer de précédent dans le secteur ».
Que M. Edouard ait eu à faire profil bas et à s’excuser n’a pas véritablement étonné personne, vu l’attitude de puissant mandarin qu’avait adopté XLD dans le tug-of-war qui a opposé le syndicat animé par Ashok Subron au board de la CHCL autour de la question de la réintégration. En effet, quand il a bien compris que le président de la PLMEA était aux abois, XLD avait poussé le bouchon jusqu’à inviter publiquement le leader du MMM à venir assister au meeting du 1er-Mai de l’Alliance Lepep à Vacoas pour prendre connaissance du pardon que le gouvernement allait censer accorder à l’employé licensié. Mais il n’en fut rien et le syndicaliste aurait fini par céder aux « conseils » d’émissaires qui lui ont dit à s’excuser.
L’ennui, c’est que la soumission de M. Alain Edouard pourrait être perçue comme une grande honte dans l’histoire du syndicalisme de notre pays de par son caractère inédit. En vérité, même si dans des positions de faiblesse évidente dans le passé des,dirigeants et animateurs syndicaux licenciés après une grève ont dû beaucoup lutter pour retrouver leurs postes, ce fut toujours par des actions de masse, au prix de longs jêunes. Jamais en s’excusant platement !
Il y en a, dans le milieu syndical, qui sont d’avis que le dénouement inattendu du cas Edouard dépendait finalement de lui-même car il n’avait cessé de se contredire. D’abord, il avait prétendu défier son employeur pour l’amener à respecter une tradition qui veut que tous les travailleurs du Port rentrent chez eux à midi les 24 et 31 décembre (soit pour la Noël et le Nouvel An). Cette tradition existe bel et bien. Ensuite, il a soutenu avoir sollicité une permission pour rentrer plus tôt chez lui. Puis il a fait des allégations selon lesquelles son directeur aurait exercé un chantage sur lui en l’enjoignant à évincer Ashok Subron comme négociateur de la PLMEA s’il voulait retrouver son emploi. Allégation que la CHCL a niée. Tout cela pour qu’en fin de compte, le syndicaliste vienne s’excuser devant le ministre pour « un incident survenu le 31 décembre ».
Après tout, bruit qu’il y a eu autour de l’affaire Alain Edouard, elle gagnerait à être vite envoyée au oubliettes, car peu glorieuse pour un mouvement créer pour se battre sans faveur, ni frayeur.