À 27 ans, Aurélie Fleuriau-Chateau se positionne comme un véritable modèle de positivité et de combativité. Un peu comme “le petit colibri de Tamarin”, la prof de yoga semble porter sur ses frêles épaules de multiples combats. Inspirée par des parents qui ont nourri son âme de battante, la jeune femme a tracé sa route, se joignant à des causes pour “faire sa part” et apporter sa pierre à l’édifice du changement. Portrait d’une belle âme dynamique qui boit la vie comme une source de joie…

Nous sommes conviés sur la plage de Tamarin. Berceau de son enfance et de son adolescence, ce lieu est symbolique aux yeux d’Aurélie Fleuriau-Chateau. “Cette plage n’est pas ma deuxième maison mais la première. C’est un peu mon identité. J’ai l’impression que mon âme est connectée à elle.” C’est en effet sur cette plage magnifique que son père lui a appris à surfer, qu’elle aime se poser avec ses amis, réfléchir à la vie, pratiquer quelques postures de yoga à l’occasion… C’est aussi dans ce lieu qu’elle a mené ses premières batailles. “Avec des amis du coin, nous nous regroupions pour nettoyer les environs.” Aurélie “donne énormément d’énergie pour la préserver”. Elle a longtemps parcouru le monde pour des raisons professionnelles et affiner ses connaissances en yoga, sans jamais oublier d’où elle venait. Assise dans ce cadre sacré à ses yeux, le regard perdu vers l’horizon, Aurélie nous fait le récit de son histoire, de ses passions, de ses combats et de ses idéaux, mais surtout des éléments qui lui donnent sa force et son énergie au quotidien.

Photo credit – NOEMIE DE RAVEL

Contre le plastique.
Plusieurs causes lui tiennent à cœur, comme la préservation de l’environnement et la diminution de l’usage du plastique. C’est avec force que, l’an dernier, elle a fait connaître sa position de l’aberration que représentait la mise en place d’une ferme aquacole à Tamarin. La jeune femme fait également parler d’elle pour son plaidoyer contre l’utilisation abusive de plastique, tentant de “convaincre les commerçants de la région de diminuer son usage”. Avec les enfants du coin, la prof de yoga a même fait des affiches pour encourager “les personnes qui viennent manger des boulettes et autres aux abords de la plage d’amener leurs propres récipients”. Se retrousser les manches et mettre “les mains dans la boue” lorsqu’il le faut pour nettoyer la plage ne la rebute guère. En ce moment, des amis et elle “s’attellent à la construction d’une rampe de skate afin que les enfants de la région aient d’autres options si les vagues ne sont pas au rendez-vous”.

Solidarité.
Aurélie Fleuriau-Chateau est aussi en première ligne lors de manifestations pour dénoncer le danger des drogues synthétiques et conscientiser sur ce problème. “Je ne vois pas pourquoi je n’aiderais pas cette cause alors que j’ai les moyens de le faire.” Bien qu’elle ne soit pas membre d’Aret Kokin Nou Laplaz (AKNL), elle se fait un devoir de participer aux regroupements et manifestations de ce collectif.
Pour elle, un mot qui peut tous nous aider dans nos différentes causes, c’est “solidarité”. “L’union fait la force. Si chacun s’implique dans les différentes petites causes qu’on essaie de mener, on s’en sortira plus facilement que si l’on ne pense qu’à son nombril et à sa cause.” Tout comme la légende amérindienne du colibri qu’elle brandit haut et fort, Aurélie Fleuriau-Château dit “faire sa part. On me dit souvent que tu ne peux pas être partout à la fois. C’est peut-être vrai. Mais je ne pourrais pas rester assise à ne rien faire et laisser mon monde se dégrader sans action. Pour changer, le monde n’a pas besoin de ton point de vue mais de tes actions”.

Photo credit – Laura Mearini

L’héritage des parents.
Elle est épuisée certes, entre ses activités professionnelles (elle est enseignante à l’école Paul et Virginie), ses cours de yoga et “peindre des panneaux pour dire aux gens de ralentir sur la route, d’arrêter d’utiliser du plastique, sans oublier d’aller à des manifestations à Pomponette pour dire de ne pas voler notre plage”. Plusieurs éléments ont contribué à façonner ce petit bout de femme qui a la pêche. Elle puise une bonne partie de cette force de ses parents, “qui sont aussi très battants dans leur sens. Ils se sont toujours positionnés pour des causes qui les motivaient. J’ai hérité du dynamisme de maman et du côté posé, réfléchi et tout de même battant de mon papa”.
Le yoga lui donne l’énergie de s’investir et lui procure sa “positive attitude” face à la vie. “Dans ma pratique du yoga, je ne vais pas me retrouver à faire des figures extravagantes. Mais tout le reste me motive, surtout ma personne qui va aider les autres.” Elle est initiée au yoga très tôt par “une amie australienne de mes parents qui venait tous les ans au pays”. Ensuite, pour sa propre pratique, elle en a beaucoup fait… Plus tard, parcourant le monde, elle a ramené dans son sac à dos des connaissances sur le yoga, qu’elle a peaufinées en s’inspirant des techniques et pratiques en cours dans plusieurs pays du monde.

 

Le yoga et l’Inde.
Nous retrouvons la trace d’Aurélie aux Philippines, en Inde, à La Réunion, à Melbourne, en Nouvelle-Calédonie. Autant de pays qu’a parcourus la jeune fille pour diverses raisons et qui ont enrichi sa personne. Après des études en langues et communication à l’île sœur, la vie l’amène à voyager à l’autre bout du monde.
Pendant deux ans, elle a vécu en Nouvelle-Calédonie, pour ensuite aller travailler comme prof aux Philippines, où elle a aussi passé un diplôme en yoga Vinyasa. Par la suite, elle s’est formée à l’Ashtanga yoga dans le nord de l’Inde, pour revenir quelques années plus tard dans le sud afin de passer un diplôme en Kid Yoga. “J’aime beaucoup l’Inde. Ma grand-mère maternelle est d’origine indienne. C’est un pays qui m’a attirée car l’Inde est le berceau de la pratique du yoga.” Aurélie, qui s’est aussi initiée au Reiki, aime le yoga pour sa pratique mais aussi son côté spirituel. “Le yoga nous amène à aller plus loin dans la connaissance de soi et son être intérieur.”

Photo credit – Jean-Pierre Charoux

Préserver Tamarin.
Le maître mot en ce qui la concerne semble être le dynamisme. Quelque chose qu’elle essaie de réguler grâce au yoga. “Mon dynamisme peut me porter un peu trop loin, mais la pratique du yoga me ramène dans le monde présent : est-ce que tu n’en fais pas trop ?”. Pour essayer de dégager un maximum de positivité autour d’elle, elle fait très attention à ce qu’elle poste sur les réseaux sociaux. Au lieu de hurler que la plage est encore une fois sale, elle préfère lancer un appel gentiment à ceux qui ont du temps pour la nettoyer. “Je préfère poser une petite graine qui va peut-être germer.”
Si le yoga est définitivement un plus dans sa vie de tous les jours, “être entourée de cette nature de Tamarin m’aide aussi à garder cette attitude toujours positive envers la vie”. Et que dire de la mer et du surf ? “Dès que je me sens triste, fatiguée, que j’ai besoin d’énergie, je me mets dans l’eau, et le sourire revient.” Même si les projets de mariage et de bébé ne sont pas à l’ordre du jour, “quand tu vis dans un endroit comme celui-ci, tu n’as qu’une envie : celle de la préserver pour tes enfants”.