« En mon âme et conscience, je ne peux soutenir ce projet de loi », a lancé au parlement hier soir la députée du PMSD Aurore Perraud lors de son discours à l’occasion du débat sur le texte de loi portant sur l’avortement autorisé dans des cas spécifiques. Selon elle, cette loi serait une « porte ouverte vers la légalisation de l’avortement dans tous les cas ».
Pour la députée Perraud, la première question à se poser est « quand commence la vie ? ». Mais aussi : « Pourquoi à 14 semaines et non à 12 ? » ou « sur quoi se base-t-on pour décider de cela ? » Elle se dit « outrée » par ceux qui disent qu’à « 14 mois, le foetus n’est qu’un tas de chair ». Car, poursuit-elle, « scientifiquement parlant, dès la troisième semaine, le système nerveux est en place, et à la quatrième, le coeur commence à battre… Et à la 12e semaine, les empreintes digitales existent déjà ». Selon elle, « c’est ce qui différencie un être humain d’un autre ; c’est son identité ».
Soulignant que celles qui militent pour les droits de la femme et de disposer de leur corps comme elle le souhaitent ont certainement raison, Mme Perraud estime néanmoins que « le foetus n’est pas le corps de la femme ». Il est rare, souligne-t-elle, qu’une grossesse résulte d’un viol, qui est « une chose horrible car la femme est agressée dans son intimité, blessée dans son âme et meurtrie dans son corps ». Si elle se débarrasse du foetus, poursuit-elle, « c’est du fruit du viol dont elle se débarrasse, et non de ce qu’elle a subi ». L’avortement constituera alors une deuxième violence qu’elle exerce à son corps. Sans oublier les séquelles que cela entraîne, avance-t-elle.
Pour la députée, « l’avortement s’apparente à la peine de mort », soulignant que, « dans les deux cas de figure, c’est tuer », ajoutant plus loin qu’aucun être humain ne peut disposer de la vie d’un autre. Aurore Perraud affirme que seulement 5% des cas seraient concernés par la loi, alors que l’on dénombre 15 000 pratiques par an. Elle demande si ce projet de loi ne serait pas un premier pas vers la légalisation de l’avortement dans tous les cas, une étape « pour adopter une culture de la mort ». Selon elle, « l’intention est là et elle est cachée ». C’est d’ailleurs, relève-t-elle, un des arguments de ceux se prononçant pour l’avortement. Et de récuser le fait que, pour cette question, l’on ne veuille pas « inclure des raisons religieuse ou morale dans la prise de décision » alors que, dans de nombreux autres débats, « la religion s’invite et est même tolérée ».
La député Perraud se dit « fière » d’aller « au bout de ses convictions » et « de ne pas avoir fléchi » bien que, avoue-t-elle, « étant donné que je suis de ce côté de la chambre, ma position n’est pas facile ». Elle affirme avoir subi des pressions et qu’on lui a conseillé de changer de position pour « ne pas mettre en péril sa carrière politique ». Cependant, poursuit-elle, « je ne me suis pas engagée en politique pour plaire… ou pour mes intérêts personnels ».  Elle précise que dès le début, elle a fait connaître sa position, qui a d’ailleurs été « acceptée » par le Premier ministre Navin Ramgoolam et le leader de son propre parti, Xavier-Luc Duval. C’est donc en toute confiance et sérénité, dit-elle, qu’elle s’exprime sur ce projet de loi.