Tout en soulignant que la date d’hier était un jour historique, la ministre de l’Égalité des Genres, Aurore Perraud, a plaidé pour l’introduction du kreol à l’Assemblée nationale. « Ce jour aurait pu être doublement historique si on avait introduit le kreol au Parlement » devait-elle souligner. La députée du PMSD a salué le projet de retransmission en direct des travaux parlementaires car selon elle, « les citoyens ont le droit de savoir ce qui se passe au Parlement ».
Aurore Perraud s’est réjouie qu’en dépit de sa jeune carrière, elle ait fait partie du comité qui s’est penché sur ce projet et présidé par le ministre Nando Bodha. Elle devait rappeler que la retransmission des travaux parlementaires a fait l’objet de débats à travers le monde et que c’est en 1989 que la BBC a diffusé pour la première fois à la télé les travaux de la House of Commons. Si, à Maurice, la couverture des travaux parlementaires fait l’objet à chaque fois de critiques, la retransmission en direct pourra être une solution. Pour la ministre, « nous devons suivre le rythme du changement et admettre les caméras à l’intérieur de l’Assemblée. Si nous voulons être reconnus comme une société moderne, il n’y a qu’une façon : travailler pour une plus grande ouverture et transparence ».
Les citoyens, selon Aurore Perraud, « ont le droit de voir de leurs propres yeux ce qui se passe au Parlement ». Elle est d’avis que le public pourra se passer des couvertures de la presse et éviter les fausses déclarations. La retransmission en direct « rehaussera le niveau des débats et le public aura une meilleure compréhension de ce qui se passe au sein de l’hémicycle. Cela va créer un lien direct entre les citoyens et leurs élus ». Pour la ministre, ce sont 300 000 familles qui auront accès aux travaux parlementaires à travers la retransmission en direct. « C’est cela la démocratisation ». Ce qui incitera les parlementaires par ailleurs à se « comporter bien, à respecter le décorum ». Mais, « il y a aussi le risque que certains parlementaires fassent leur show et essaient d’attirer les caméras sur eux ».
Pour Aurore Perraud, ce jour aurait pu être doublement historique si on avait introduit également le kreol au Parlement. « Cela permettrait aux Mauriciens lambda de comprendre les travaux parlementaires dans une langue qui leur est accessible ».