Evans a 11 ans. Il est autiste. Pour que lui-même et les autres personnes de sa condition bénéficient des meilleures chances dans la vie, ses parents, plus particulièrement sa mère, Géraldine, a confondé l’association Autisme Maurice. Ceux concernés par cette réalité seront dans les rues de Port-Louis le jeudi 2 avril pour briser le silence à l’occasion de la Journée International de Sensibilisation de l’Autisme. Une marche contre l’indifférence et la discrimination puisqu’ajouté à un quotidien particulier, voire difficile, les choses ne sont pas simples pour les autistes et leurs proches. À Crève-Coeur, Mike et Géraldine Aliphon nous ont reçus à leur table pour un dîner familial en compagnie d’Evans.
“Colère ?” Elle revient parfois contre ceux qui leur ont tourné et leur tournent toujours le dos. “Colère ?” Peut-être contre ces officiels qui ne considèrent pas leur cas, renvoyant de manière cinglante toutes les responsabilités au CSR. “Colère ?” Un peu aussi contre le gouvernement qui ne prévoit rien de concret pour eux. “Colère ?” répète encore une fois Evans, autiste de 11 ans, tandis que son père Mike Aliphon le serre dans ses bras pour le rassurer : “Non ! Nous ne sommes pas en colère contre toi. Pourquoi devrions-nous l’être ?”
D’après certaines recherches, l’autisme proviendrait “des différences de développement du cerveau observables par la nature des réseaux de neurones et le fonctionnement de leurs interconnexions”. Il altère ainsi le comportement de l’individu. “Evans est un peu la mascotte de l’autisme”, dit sa mère, Géraldine Aliphon, le sourire aux lèvres. Les autistes sont généralement catégorisés comme étant soit hyperactifs, hypersensoriels, comme ayant des problèmes de socialisation ou d’imagination. “Evans, lui, a tout hérité”. La maison ne comporte rien de superflu. Pas de bibelot, certains meubles sont endommagés et les cadres photos sont accrochés haut au mur. Tous les tiroirs sont fermés à clé. “Si vous oubliez quelque chose, Evans, lui, ne vous oublie pas”, raconte sa mère. Elle se remémore notamment la fois où l’une de ses étagères de linge s’était retrouvée par la fenêtre dans la boue parmi les chiens.