Tous les hommes, sans exception, et donc quelle que soit leur orientation sexuelle, aiment les femmes. Tous n’ont cependant pas cette même manière de leur témoigner leur amour, certains ayant en effet tendance à oublier que la gent féminine est leur égal en besoins et en droits, ou d’autres, encore, abusant de leur supériorité physique, rendant la vie de leurs congénères carrément cauchemardesque.

Mais au-delà de ces exceptions (trop nombreuses, mais ne constituant fort heureusement pas la règle), peut-être devrions-nous nous questionner sur la pertinence – du moins dans nos sociétés démocratiques – de continuer de célébrer une Journée internationale des femmes, instaurée par les Nations unies depuis 1977. En 40 ans en effet, dans une majeure partie du monde, la cause des femmes aura bien évolué, celles-ci étant désormais présentes dans quasiment toutes les sphères de la société. Mais, plus que cela encore, les femmes ont plus que jamais le pouvoir de changer cette perception que persistent encore un grand nombre d’inégalités entre les deux sexes.

De l’humble avis de l’auteur de ces lignes, cette Journée internationale, que l’on vient de célébrer, n’a de réelle raison d’être que dans les pays où perdurent encore de flagrantes discriminations sexuelles. D’autant que cette journée renvoie presque l’idée que les femmes seraient une minorité à défendre. Non, les femmes ne sont pas minoritaires, la répartition hommes-femmes étant quasi équivalente à travers le monde. Aussi celles-ci ont-elles les moyens, dans nos sociétés démocratiques, d’imposer leur voix, leur vision sociétale ainsi que leurs desiderata et leurs prétentions.

L’histoire contemporaine regorge d’ailleurs d’exemples, à l’instar des justes revendications féministes pour l’obtention du droit de vote, pour la liberté sexuelle, etc. Ainsi les lois, de nos jours du moins, s’adressent-elles à tous les citoyens, hommes comme femmes, sans exception là encore.

Chaque 8 mars, les féministes reviennent pourtant à la charge, réclamant encore et toujours une parité hommes-femmes dans des postes stratégiques. De même continuent-elles de réclamer un quota de femmes au Parlement. Là encore, ce combat (ou du moins la manière dont il est mené) n’a pas réellement de sens, renvoyant une fois encore à l’idée d’une minorité. Les femmes, il faut le rappeler, ont les mêmes droits et les mêmes possibilités d’embrasser une carrière politique. Et si leur engagement est suffisamment conséquent, nul doute que les électeurs (et plus encore les électrices) leur donneront les responsabilités qu’elles méritent. Une logique qui s’applique d’ailleurs d’abord au sein même des partis, lesquels pourraient alors se retrouver avec, à leur tête, une femme. Aussi, tant que l’engagement des femmes ne sera pas à la hauteur de leurs prétentions, aucun espoir, donc, de se retrouver avec une Première ministre ou une ministre des Finances, et encore moins d’un Parlement dominé par les femmes. Ce qui est véritablement navrant.

Aussi choquants ces propos pourront-ils paraître à nombre d’activistes de la cause féminine, il ne faut surtout pas se tromper sur leurs intentions. Ici, nulle misogynie, mais au contraire, la volonté de rétablir une vérité fondamentale : les femmes sont l’égal des hommes et, à ce titre, ont donc tous les droits de se positionner comme tel dans des sphères, certes jusqu’ici toujours patriarcales, mais dont elles seules pourront inverser la tendance à la seule force de leur persévérance et de leur engagement. En trois mots : « Femmes, réveillez-vous ! »

Pour autant, se battre ne nécessite aucunement d’en recourir à la menace, pas plus que ne sont nécessaires de Journées internationales, lesquelles ne servent finalement que le dessein de politiciens (hommes et femmes confondus), dont le leitmotiv n’est que de véhiculer de vaines illusions dans un esprit de pur marchandage électoral. Ce combat des femmes dans la conquête de leurs droits est d’autant primordial que les inégalités sont toujours légion, notamment en matière d’emploi, où, pour un travail égal, les salaires peuvent aller du simple au triple dépendant du sexe de la personne employée. Ce qui est évidemment inacceptable dans un Etat démocratique. Mais, une fois encore, cet état de fait ne risque hélas pas de changer tant que les postes clés seront occupés par une majorité d’hommes.

Aussi, au lieu de ressasser les mêmes sempiternelles revendications et de réclamer des « quotas », les femmes, en tant qu’actrices majeures de notre développement, devraient-elles peut-être passer à la vitesse supérieure, se rappelant que le vrai pouvoir ne se donne pas, mais qu’il « se prend » ! Non pas par l’insurrection, mais pacifiquement. Eu égard au plus grand taux de réussites des jeunes filles que des garçons à nos examens nationaux, nul doute qu’elles ont largement les moyens intellectuels de faire entendre leur voix. Et d’espérer qu’un jour, notre nation pourra alors bénéficier de la présence de femmes aux plus hautes sphères de l’État et qui, contrairement à aujourd’hui, ne se plieront pas au diktat de leurs collègues masculins !