Le commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, est catégorique. Durant les trois à quatre dernières années, le taux de criminalité a chuté d’environ 15% par an. Les statistiques pour les deux premiers mois de 2012 indiquent une baisse de l’ordre de 23%. Cela « in spite of whatever people say ». Le CP prenait la parole aux Casernes centrales hier, lors d’une parade marquant la remise de la President’s Long Service and Good Conduct Medal à 391 policiers, en vertu du National Awards Act (1992). Cette cérémonie haut en couleur et empreinte d’émotion pour beaucoup de récipiendaires de cette distinction ainsi que pour leurs familles a été cependant marquée par un impair protocolaire. Selon les informations de Week-End, des explications officielles ont été demandées à ce propos par le CP à un « gradé ».
Lors de son discours de circonstance, le CP Rampersad n’a pas manqué de saluer les 391 récipiendaires de la distinction présidentielle. Ces policiers ont été récompensés pour avoir servi le pays pendant 18 ans et ce, en se comportant de façon exemplaire. C’est grâce, dit-il, à ces policiers qui ont excellé dans l’exercice de leur fonction que la police continue d’améliorer ses performances. Et de s’appesantir sur les chiffres relatifs à la diminution du taux de criminalité.
« I have to state that since the last three to four years general crime has constantly been decreasing at the rate of 15% per year and for the first two months of this year, there is an indication that crime is dropping at the rate of 23%, whatever people say », a-t-il déclaré en substance. Dans le même souffle, le CP a fait ressortir que les contraventions routières ont augmenté de l’ordre de 30%, ce qui est une indication claire des « enforcement efforts towards road safety ».
Dhun Iswur Rampersad n’a pas manqué non plus de rappeler que de nombreux efforts ont été consentis depuis 2010 en vue de réformer la police « from a force to a service » dans le but de faire de Maurice un endroit plus sain. Un projet ambitieux entrepris sous le National Policing Strategic Framework (NPSF), dans lequel la population est une part intégrante. Pour le succès de la réforme, ajoute le CP, il faut plus d’engagement de la part de certains. Et sortir de la routine.
« Reform is no doubt an ongoing process that demands a willingness to change, commitment and perseverance and, above all, constant monitoring. There is a need for increased commitment on the part of Commanders, especially at middle and supervisory levels, in order to ensure the success of all this. For some of us, we need to get out of our routine and comfort to give at least what is required of us », a maintenu le n° 1 de la police.
Ce dernier s’est également félicité de la baisse « conséquente » des doléances et autres complaints against police. Les agressions contre les policiers, dit-il, ne doivent pas être perçues comme un signe de faiblesse de la part de la police. Au contraire, dit-il, « police officers nowadays are becoming more and more conscious of their responsibilities in the exercise of their authority and therefore act with restraint, self-control and due respect to the law as they are not above the law and this goes to the credit of members of the force ».
Tout en rappelant que le travail de la police est stressant et rempli de contraintes, le CP a souhaité que les policiers et les membres de leurs familles prennent davantage part à des activités sociales. Il a aussi insisté sur le fait que derrière le succès de chaque policier, la famille a un rôle de premier plan à jouer. Et de terminer sur « keep the flag up », histoire de démontrer sa satisfaction.
D’autre part, un « gradé » se trouvant parmi les 391 récipiendaires du President’s Long Service and Good Conduct Medal s’est retrouvé dans une situation embarrassante hier. Alors que le CP s’apprêtait à lui accrocher sa médaille à son uniforme, le n°1 de la police s’est rendu compte que l’officier n’avait pas fait les arrangements nécessaires pour que son uniforme soit pourvu d’agrafes afin que la médaille y soit accrochée
Le CP a donc été contraint de lui remettre la décoration en main propre. Ce qui n’a pas manqué de choquer les officiers ayant été témoins de la scène. Des suites de cet impair protocolaire, qualifié de manquement « sérieux » au sein de l’état-major des Casernes centrales, le « gradé » contrit, qui n’a souhaité faire aucun commentaire, a été sommé de fournir des explications sur ce qui s’est passé.
Par ailleurs, deux veuves ont reçu hier, des mains du commissaire de police, les médailles de leurs époux décédés. Il s’agit de Mmes Kumar Beejadhur et Chandranath Bulatoo. Les deux épouses, visiblement émues par l’événement et l’absence de leurs maris, ont tous les deux fait ressortir leur tristesse que leurs époux respectifs ne soient pas là.
« Nous sommes contentes et fières que le président de la République et le commissaire de police ont reconnu les mérites de nos époux et que leur mémoire a été ainsi récompensée », ont-elles fait ressortir. En mémoire de ces deux policiers, une minute de silence a été scrupuleusement observée avant le début de l’inspection de la parade.