Vingt-qauatre heures après les attaques vitrioliques de l’ancien président de la République, sir Anerood Jugnauth, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a riposté principalement au chapitre du Law and Order tout en effleurant les autres dossiers brandis contre lui. Intervenant lors de la Passing Out Parade de 727 nouvelles recrues de la force policière, hier matin, aux Gymkhana Grounds de Vacoas, il a dressé un bilan de la performance policière au cours des dernières années tout en qualifiant ses détracteurs d' »amnésiques  etd’aveugles ». Interrogé par la presse, après la cérémonie, il a été plus virulent en s’interrogeant sur les 25 cas de crime non-résolus remontant à l’époque du gouvernement MSM/MMM d’avant 2005. Par rapport à la démission de sir Anerood Jugnauth, il affirme que, « si pas ti énan zafer MedPoint, li ti pou ankor la mem ».
« Ils font preuve de mémoire sélectif. Il y a plus de 25 crimes, datant d’avant 2005, qui n’ont pas encore été élucidés. Zotte bizin eksplik ki ine arrivé. Que s’est-il passé dans le cas des amants de Bassin-Blanc, le crime crapuleux de Vanessa Lagesse, le viol et le meurtre de Nadine Dantier, le braquage du coffre-fort de la MCB avec mort d’homme, le hold-up en plein jour devant la MCB et la Banque de Maurice, les billets de banque devant être incinérés aux Casernes centrales mais qui ont été appropriés et réutilisés, le rapt du petit Akmez, la noyade de Pomponnette. La liste est vraiment longue », déclare le Premier ministre.
Navin Ramgoolam, qui a réitéré sa confiance dans la capacité du commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, affirme qu’il ne conçoit pas la gestion du Law and Order « avec des pressions et des interventions systématiques » sur la force policière. « Savez-vous ce qu’ils avaient voulu faire avec sir Gaëtan Duval ? Ils ont tiré un détenu de la prison pour lui faire consigner une déposition contre le leader du PMSD à La-Caverne. Sa prisonyé-là ine gagn loteri. Ils on tenté de mettre de la drogue dans ses bagages alors quil revenait de Madagasacar en vue de l’appréhender. Cela, vous le saviez pas ? « , avance-t-il.
Dans son discours officiel, le Premier ministre a critiqué ceux qui veulent créer l’impression qu’il y a une détérioration du maintien de l’ordre et de la paix. « These people are either suffering from amnesia or else are deliberately blind to the facts », déclare-t-il. Le Law and Order a été un des points centraux de cette intervention devant les 727 recrues de la police et leurs parents. « The career you have embarked upon is anoble one, and in passing out of the Police Training School you assume a great and sacred trust-the safety and security of the Mauritian people snd those who visit us here », devait-il faire comprendre avant d’aborder le bilan chiffré de la police de ces dernières années.
3 000 nouveaux policiers seront recrutés
« We shall support you with increased investment », a déclaré le Premier ministre, qui rappelle que les ressources financières mises à la disposition de la police ont plus que doublé de 2005 à ce jour, passant de Rs 3,1 milliards à Rs 6,5 milliards. La croissance du budget de la police en 2012 a été de 16%.
Au cours des prochaines années, 3 000 nouveaux policiers seront recrutés, dont 650 cette année. Avec la signature d’un Memorandum of Understanding avec l’Université de Maurice, des certificats portant sur les Police Duties seront décernés à ceux qui suivront des cours. 3 500 officiers de police bénéficieront de cours de formation en technologie informatique à l’Université pour la mise en opération du Crime Occurrence and Tracking System. Un premier groupe est sur le point de boucler le cours. 600 autres policiers suivront des cours en Strategic, Tactical and Operational Leadership and Management.
Le Premier ministre a promis à la force policière que l’engagement et l’assidsuité de ses membres seront récompensés avec la publication du prochain rapport du Pay Research Bureau (PRB). « And I am in consultation with the police commissioner so that a fairer system of risk allowances is introduced », ajoute-t-il en faisant état du projet de Police Academy.
« Gradually, relentlessy and with icy determination, this government, with yoir help, will bear down on criminality and with your help, and all of your colleagues in the police firce, we shall make – and are making – real progress », soutient le Premier ministre en égrénant une série de statistiques somme suit :
—baisse dans le nombre de cas criminels rapportés, soit de 7 166 en 2007 à 4 563 en 2011.
—baisse dans le nombre de délits de 47 515 en 2008 à 39 093 en 2011.
—réduction dans le taux de criminalité de 5,4% en 2007 à 4,2% en 2010 et à 3,7% en 2011.
—hausse dans le nombre d’arrestations pour des délits de drogue, de 1 504 en 2000 à 1 911 en 2011 avec une quantité plus conséquente de drogue saisie.
Toutefois, le nombre d’accidents de la route reste une préoccupation pour le chef du gouvernement. « Each fatal accident inflicts a deep agony upon a Mauritian family », ajoute-t-il en avançant le chiffre de 152 morts dans 132 accidents de la route l’année dernière.
« We must see more roadside and speed checks, more multi-disciplinary road blocks and patrols. We will increase the penalties for those who cause death or injury by dangerous or careless driving or while under the influence of alcohol or drugs. And these laws will be rigorously enforced », devait mettre en garde le Premier ministre.
Face à la presse, à la fin de cette cérémonie officielle, Navin Ramgoolam a fait état de sa confiance dans le commissaire de police. « Mo 100% satisfait ar komiser de polis. Li fer so tray drwat et intègre », dit-il en faisant état de ses contacts avec le commissaire de police et ses plus proches collaborateurs.
Interrogé au sujet de la démission de sir Anerood Jugnauth, a laissé entendre qu’il compte revenir ultérieurement sur « la véritable motivation », avant de lâcher que, « si pa ti ena MedPoint, li ti pou ankor lamem. Ki oulé mo fer mo ferme l’ICAC ».
Commentant la motion de blâme contre le gouvernement envisagé par l’opposition, Navin Ramgoolam trouve que « nous devons faire bien la différence. Dans toute démocratie, l’opposition a droit à un recours à une motion de censure contre un gouvernement. Mais une telle motion de censure ne devrait pas donner lieu à des exercices de débauchage des membres de la majorité, y compris des ministres. Pe fer tout kalité loffre à bann dimoubes dan guvernma. Sa appelle ku detat ».
« Ou onné ki dernye dimoune zotte ine guetté ? Ki zotte pa fine dir lor Mireille (Martin). Zotte fine alle zwen li ek ine fer li offre pou vine vice-président. Evidemment, Mireille Martin a rejeté catégoriquement cette offre. Ils persistent en demandant à Mireille Martin de laisse ène laport uver », fait ressortir le Premier ministre, qui fait également état de la proposition de l’opposition au député Balkissoon Hookoom.
Dans une telle conjoncture politique, est-il confiant de sa majorité ? A cette question, le Premier ministre, qui avait déjà pris ses distances des journalistes, revient sur ses pas et répond : « Of course, mo très, très, très confiant… « 
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REZISTANS EK ALTERNATIV: « SAJ, le politicien le plus sans scrupule »
Rezistans ek Alternativ dénonce le Remake 2000 de l’alliance MSM/MMM comme une de ces « alliances politiques kassé-ranzé et sans principe ». Commentant la décision de sir Anerood Jugnauth de démissionner de la présidence de la République, Ashok Subron et Michel Chiffone soutient que « sir Anerood Jugnauth est le politicien le plus sans scrupules de l’île Maurice post-indépendante ».
« L’ancien président de la République s’est aligné avec des forces conservatrices pour bloquer toute tentative de mettre à exécution une réforme électorale avec pour objectif d’extirper le communalisme du système politique. Aujourd’hui, il démissionne après avoir apporté sa caution pendant plusieurs années à des projets de loi du régime Ramgoolam. C’est aujourd’hui qu’il découvre les méfaits de ces textes de loi. Il a été partie prenante de l’appauvrissement de la population avec la politique adoptée par le gouvernement. C’est aujourd’hui qu’il découvre la mainmise d’une clique de parasites sur les institutions publiques et les ressources du pays », soutiennent ces deux animateurs de Rezistans ek Alternativ.
Poursuivant l’analyse de la situation politique avec la démission de sir Anerood Jugnauth et le Remake 2000, Rezistans ek Alternativ attire l’attention sur une « fausse polarisation entre ces deux camps politiques ». « Un Remake ne sera d’aucune utilité pour le pays, qui a un urgent besoin d’une vision politique alternative et avant-gardiste en vue de faire face à la crise du modèle économique », ajoutent-ils en lançant un appel en faveur d’une « insurrection civique et pacifique ».