Au coup de sifflet final ce soir, le rideau tombera sur la Copa das Copas, qui s’est transformée en un pire cauchemar pour le Brésil, pays organisateur. Mais pour une trentaine de Mauriciens, bénéficiaires de prix alloués par le MCB Group, partenaire officiel de cette compétition mondiale, et ayant fait le déplacement au Brésil pour assister à au moins une des rencontres de la Coupe du Monde, le rêve de toute une vie est devenu réalité. Une réaction unanime: A Lifetime Experience, ou encore Unforgettable, comme le chante si bien Nat King Cole.
La majorité de ces veinards sont déjà rentrés au pays, sauf quatre d’entre eux, en l’occurrence Micheline Poule, Arnaud Raffray, Gricshka Babajee et Ismaël Cheikh Mamod, qui seront confortablement assis dans les gradins d’un des temples du football planétaire pour suivre la finale entre l’Argentine et l’Allemagne. Pour ceux qui sont déjà de retour, que ce soit à Pailles, Goodlands, Chemin-Grenier, Brisée-Verdière ou Terre-Rouge, le mood du Brésil est toujours là et indélébile. Et ce soir, calés dans leurs sofas respectifs, ils tenteront de revivre cette ambiance mythique du football au Brésil sans la Seleçao sur le terrain, ou de se mettre dans la peau des spectateurs pour revivre ces 90 minutes de folie dans les gradins, le temps d’un rêve vécu.
Une ambiance difficile à oublier. Des émotions à fleur de peau. Une convivialité sans commune mesure. Si la cadette des gagnantes, Kelly Albert, 19 ans, habitant Pailles, avoue qu’elle avait toujours entretenu le rêve d’assister à un match de la Coupe du Monde, jamais elle n’aurait cru que son premier voyage à l’étranger allait se transformer en un si beau cadeau. La jeune fille, exerçant dans la comptabilité dans une entreprise privée, concède non sans fierté que l’expérience a dépassé ses espérances. S’il y a une chose qui l’a marquée au cours du match Pays-Bas/Costa Rica, c’est indéniablement le Waving Hand des supporteurs. “Ce fut un moment exceptionnel et très touchant. Je ne pourrai  jamais oublier ce beau moment. Mais il est aussi vrai que l’événement en lui-même est tout simplement magique du début à la fin”, précise-t-elle.
“Intense en émotions”
Patrick Rosicourt, de Good-lands, partage le même avis sur le plan des émotions ressenties lors de cet événement planétaire. Il n’a pu s’empêcher d’imiter les joueurs et les supporteurs, lors du moment solennel de l’hymne national des équipes à chaque début de match. “C’était tellement intense en émotions que je les ai imités en posant ma main sur mon coeur. Pour être franc, cela n’a rien à voir avec ce que nous faisons à Maurice. Nous avons encore beaucoup à apprendre. Il nous arrive d’être distraits lorsque nous entamons notre Motherland. Or, au stade de Maracana, que ce soit les fans ou les supporteurs, ils ressentaient un profond respect de telle sorte que la fibre patriotique se met à vibrer et devient contagieuse”, confie-t-il.
Le foot : langage universel
Le trentenaire qui exerce dans l’hôtellerie à Le Mauricia à Grand-Baie, se souvient comme si c’était hier de l’annonce de ce voyage historique. “La MCB m’a informé que j’avais remporté un pack cadeau relatif à la campagne de promotion de la Coupe du Monde mais qu’il devrait être livré à domicile. Mais ce n’est qu’en les voyant arriver un samedi matin et surtout le groupe incluant des danseuses aux allures de Brésiliennes que j’ai compris que j’ai remporté un voyage mais pour quel match? Fouf ! Quelle surprise !”, se remémore-t-il encore sous le coup de l’émotion. Et de poursuivre : “Quelle a été ma joie d’apprendre que ce serait au Maracana, un stade où tout le monde rêve d’y aller pour voir disputer le match Uruguay/Colombie. Un très beau match !”
Pour sa part, Pravin Esram, 32 ans, habitant Chemin-Grenier, revit son fabuleux voyage au Brésil à chaque fois que c’est possible. Il est l’un des rares clients de la MCB à avoir bénéficié de deux rencontres de football, à savoir le match d’ouverture Brésil/Croatie à Sao Paulo et Espagne/Pays-Bas au Salvador: “Ce fut comme si j’avais gagné à la loterie. Rien qu’à ma descente d’avion, j’ai senti que tout le Brésil respirait le football. Je n’ai pu m’empêcher de dire : oui je baigne dans la culture du football. L’ambiance était partout, à chaque coin de rue. On sentait une liesse populaire grâce à cet événement planétaire. Les gens chantaient, dansaient dans les transports publics, dans les rues et partageait des snacks. Tout était tellement grandiose que je voulais conserver chaque détail, chaque moment de ce voyage historique”, raconte-t-il avec des yeux qui pétillent le football.
Ce père de famille d’une petite fille de huit mois n’a pu s’empêcher de se mêler aux supporteurs parfois loufoques, mais tellement chaleureux. Bien que la langue puisse parfois représenter une barrière, cela ne fut nullement un découragement et devait alors s’unir à travers le ballon rond, le langage universel. Des liens d’amitié ont été tissés sur les gradins si bien que Pravin Esram est revenu à Maurice, avec un carnet d’adresses des plus fournis. “En vue de les recevoir à Maurice un jour”, laisse-t-il tomber avec un demi-sourire.
Les moments les plus mémorables demeurent inévitablement le penalty-libérateur de Neymar contre la Croatie mais aussi ce coup de tête acrobatique (plongeon) de Robin Van Persie, un but de légende. “Ce sont des situations, des gestes qui vous marquent à jamais surtout lorsqu’on y assiste de visu”, dit-il.
C’est également le tir au but d’Arjen Roben qui a marqué Tirut Hawoldar, 33 ans, System Administrator de Terre-Rouge. Il se prépare avec fébrilité pour suivre en direct la finale de ce soir en attendant de s’arranger pour effectuer le déplacement à ses propres frais lors de la prochaine Coupe du Monde.
Outre d’avoir vécu une expérience d’une telle envergure, Nawsad Babooraullee, 48 ans, de Brisée Verdière, est l’un des rares à avoir eu l’occasion de faire une visite touristique pendant son séjour. Pour démontrer sa gratitude envers la MCB, il a tenu, dit-il, à porter avec fierté un maillot remis par ladite banque.
Guide touristique de profession, il s’est laissé entraîner à travers les sites touristiques de Rio par son charmant guide Victor. Après le match Allemagne/France, le quinquagénaire a terminé sa longue journée sur la plage de Copacabana pour assister à la fête comme les fêtards de Copacabana Beach savent le faire. “J’y ai rencontré un peuple chaleureux et amical. La sécurité était omniprésente. Mais si j’ai un souvenir à raconter, ce sera ma visite dans une mosquée où j’ai pu rendre grâce pour ce magnifique voyage”, raconte-t-il  avec les yeux larmoyants.