« Le but du MMM au Parlement, après les prochaines élections, sera de donner un nouveau souffle à l’économie et de prendre un nouveau départ au niveau de l’énergie renouvable », a déclaré samedi Paul Bérenger, qui a consacré une large partie de sa conférence de presse à la vision économique du MMM « une fois au pouvoir, après les prochaines élections ».
Paul Bérenger a insisté sur le fait que le programme électoral du MMM repose essentiellement sur trois axes. En premier lieu, il s’agit de « nettoyer le pays en ce qui concerne la fraude, la corruption et les scandales ». Aucun scandale sera oublié, a-t-il insisté. Un Serious Fraud Office sera institué pour remplacer l’ICAC et une Declaration of Assets Act sera présentée pour les députés et ministres. Il a ensuite observé que le MMM veut aussi « consolider la démocratie » par le biais de mesures, dont la réforme électorale est un aspect. Et, finalement, il a souligné la nécessité de « relancer l’économie, qui est à bout de souffle ».
S’agissant de la situation économique justement, Paul Bégenger s’est dit « très inquiet » et a constaté que le pays « rate des occasions en or » ces derniers jours, que ce soit à Maurice ou en Afrique. « Le but du MMM au gouvernement, après les prochaines élections, et de donner un nouveau souffle à l’économie et de prendre en nouveau départ au niveau de l’énergie renouvelable. Pour accomplir cela, il faut une “top team” de ministres et mettre la compétence au pouvoir partout à la tête des corps para-étatiques et compagnies d’Etat », a-t-il dit
Ainsi, le leader du MMM préconise un ministère des Finances qui sera en charge des services financiers, un nouveau ministère qui aura la responsabilité de l’Environnement et de l’Energie, et un ministre des Affaires étrangères et de la coopération régionale. Paul Bérenger s’est dit en faveur d’un « super ministère » de l’Environnement et de l’Energie. Au niveau des affaires étrangères, il souhaite un nouveau départ, surtout en ce qui concerne Madagascar et le Mozambique.
Quand aux corps para-étatiques et compagnies d’Etat, Paul Bérenger estime qu’il faut changer le “top leadership” à tous les niveaux, notamment au CEB, à la CWA, à la Waste Water Authority, à la RDA, à la Tourism Authority, à la Beach Authority, à la Port Authority et à la CHC. « Il faut un renouveau et mettre la compétence partout », dit-il, avant d’ajouter : « Il y a un pool de compétences inexploitées extraordinaires à Maurice. » Après avoir mis en doute les compétences de Xavier-Luc Duval à la tête des Finances, il poursuit : « Le conflit entre le gouverneur de la Banque de Maurice et le ministre des Finances est insupportable. ».
« Le mood est mauvais et aucune décision n’est prise », a-t-il déploré. Pressé par la presse de donner plus de précisions sur sa position au sujet du conflit entre le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque centrale, il a reconnu que « tous deux sont en tort ».
Paul Bérenger s’étonne par ailleurs qu’il n’y ait pas eu de visite du Premier ministre au Ghana alors que le président de ce pays avait rendu visite à Maurice sous le gouvernement MSM-MMM. « Au lieu de cela, on a envoyé un Xavier-Luc Duval “casse pose” alors que le ministre des Affaires étrangères du Ghana “pe casse pose” ici », a-t-il observé. Le leader du MMM s’est ensuite appesanti sur la situation au niveau énergétique et a estimé qu’on « joue avec le feu » sur cette question. Poursuivant sur cette image, il estime que si on veut « permettre d’éteindre le feu » et « donner un nouvel élan à l’énergie renouvelable », il convient, d’abord, de revoir le leadership du CEB, qui est une « part of the problem ». Il s’est ensuite insurgé contre le fait que le pays perde quelque Rs 400 M sous forme d’aides allouées par l’Union européenne en raison de CTPower « parce qu’il n’y a pas eu de “tender” avant d’allouer le contrat à CTPower ». Il a ainsi préconisé une « nouvelle feuille de route » concernant l’énergie renouvelable et une véritable volonté politique. « Il faut aller de l’avant dans la lucidité et le réalisme, et ne pas se contenter des théories », a-t-il dit. Pour Paul Bérenger, la production énergétique touche au coeur de l’économie mauricienne car la compétitivité de nos produits d’exportation dépend largement du coût de la production électrique. « Il faut utiliser le maximum de ressources pour les énergies renouvelables et tourner la page du gaz naturel aussi vite que possible. » Sur le chapitre de la protection de l’environnement et des mesures contre le changement climatique, le leader de l’opposition note que Maurice aurait dû être à l’avant-garde du combat à l’échelle régionale et internationale. Et de rappeler l’organisation du sommet des Nations Unies pour les petits États insulaires en développement à Maurice. Or, ce sont les Seychelles, estime-t-il, qui sont « à l’avant-garde du combat contre le changement climatique ». Selon lui, Maurice devrait jouer « un rôle de premier plan » au sommet sur le changement climatique prévu à Samoa en septembre. Et de rappeler que le secrétaire général des Nations Unies a convoqué un sommet des dirigeants politiques à New York pour prendre des décisions politiques avant la conférence prévue en décembre 2015 à Paris. Cette conférence devra permettre de dégager un nouveau traité post-Kyoto sur l’environnement. Et Paul Bérenger de rappeler, pour conclure, l’importance d’un ministre « capable de contrôler » tous ces dossiers.