En contractant un emprunt d’urgence d’un montant de Rs 3,5 milliards auprès de la Banque africaine de développement (BAD) pour la réhabilitation de la centrale thermique de Saint-Louis, le Central Electricity Board (CEB) a placé ses finances sous stricte surveillance de cette institution financière panafricaine. C’est ce qui découle de l’Appraisal Report de la BAD de juin de cette année, avec des conditions de “monitoring” imposées au CEB vu les risques de dérapages financiers, car le “Gearing Ratio”, avec cette injection financière, devrait dépasser les 70%. Entre-temps, la BAD a également établi un calendrier d’exécution du projet, dont les travaux devraient être bouclés en février 2016 pour éviter tout “black-out”. Ainsi, le CEB se retrouve dans l’obligation de procéder à l’allocation du contrat pour les quatre turbines de 15 MW chacune au plus tard le 31 juillet.
Néanmoins, ce document officiel a été avalisé par le conseil d’administration de la BAD la semaine dernière sur des éléments de “sustainability” et de gestion de risques. La principale préoccupation se fait sentir sur le plan financier et la BAD ne prend pas de gants pour identifier les zones d’ombre, d’autant plus que la dernière révision des tarifs d’électricité, une composante extrêmement délicate, remonte à 2010, même cette agence ajoute que « to maintain its financial sustainability, the CEB regularly reviews the tariffs that it charges to, its customers ».
D’autre part, toujours sur ce chapitre, la BAD passe en revue les dispositifs et procédures adoptés au CEB pour la gestion financière. Un “Gearing Ratio” au-delà de 70% présente des risques de “financial distress if not carefully monitored” et des répercussions néfastes sur la qualité des opérations du CEB. « To mitigate (the risks), the CEB’s financial status will be annually reviewed and any early signs of financial distress (adverse liquidity, unsustainable interest cover ratios, defaults in repayments, ect.) will be taken up with the shareholder for rectification », s’appesantit la BAD dans les conditions énumérées à la page 19 du rapport d’évaluation.
La BAD saisit également l’occasion d’égratigner de manière formelle le CEB pour les retards accumulés dans la soumission des comptes audités. « The CEB has not submitted to the Bank for reviews its 2012 audited financials, whuch are overdue under Mauritian legislation, ths submission will be an other condition to be fulfilled by 31 Decembre 2014 », précise l’agence de financement panafricaine, qui ne semble nullement convaincue des structures en place.
« There is a risk of noncompliance with Bank financial management rules concerning timely submission of audited financial statements, whilst these are required by the Bank within six months of year end, Mauritian legislation provides for a ten month grace period », poursuit la BAD. Pour contourner cette difficulté, le CEB devra se plier à une autre exigence de la BAD en soumettant « a separate set of project financial statements, which will be audited separately and submitted within the required six months ».
La BAD se montre également critique à l’encontre de la gestion financière au CEB. « The finance department of the CEB currently has no cohesive policies and manuals for finance procedures, and thus some aspects of internal controls are based on circulars issued from time to time, as well as verbal instructions. This could pose a risk in the strength of the control environment particularly with the planned restructuring », constate le BAD, qui annonce la prochaine mise en place d’un “comprehensive set of finance policy and procedural manual”.
La BAD tire également la sonnette d’alarme sur les risques de tactiques dilatoires au moment de l’octroi de ce contrat d’un montant global de près de Rs 4 milliards. Le calendrier prévoit que cette étape devra être impérativement franchie à la fin de ce mois, le CEB annonçant le “Selected Bidder”. La BAD met en garde contre des protestations des “Unsuccesful bidders for the turnkey contract”. « Following the award of many major contracts in Mauritius, unsuccessful bidders have used legal institutions to block the signature of the contracts with the retained bidders, thereby delaying the commencement of contract execution », concède la BAD, qui recommande au CEB de mener le « procurement process in full conformity with the rules and procedures of the Bank for procurement of goods and works and uphold professionalism and transparency ».
Outre le volet d’ordre environnemental, la BAD se penche sur un aspect majeur du projet de réhabilitation de la centrale thermique de Saint-Louis, notamment l’objectif prioritaire d’éviter le “black-out”. « Following project completion, the risk exists that its output may not be sufficient to avert a power blackout in the country », avertit la BAD. L’entrée en opération de ces nouvelles turbines, en remplacement des “Pielsticks” – qui ont déjà fait leur temps –, devra permettre au CEB de disposer d’une marge de manoeuvre d’un surplus de 6% sur la capacité de production en période de pointe alors qu’un taux de « 10% by power industry standards should have been ideal ».
Dans cette perspective, la BAD propose que l’alternative des turbines à gaz soit entretenue au cas où « the surplus is wiped out by th unexpected prologed breakdown of one or more of the CEB or IPP owned generators, a droight that would paralyse CEVB’s hydropower stations, and/or a higher maximum demand ».