Le Central CID est sur le point de démarrer l’opération Lamborghini, soit la nouvelle étape du Crackdown sur les fraudeurs à l’importation de voitures de luxe après l’étape initiale de la Mercedes-papillon de 6 200 cc de Thierry Lagesse. Ainsi, compte tenu que ce nouveau volet de l’enquête sur la fraude fiscale à la douane sur les voitures de luxe comporte une douzaine de cas, avec probablement l’interrogatoire et l’inculpation d’au moins une trentaine de suspects et pas des moindres, le Central CID s’est renforcé en ressources humaines pour affronter ce nouveau Workload.
Ainsi, dès ce matin, une douzaine d’enquêteurs de la police venant des districts ont été transférés au Central CID avec effet immédiat pour les besoins de cette enquête majeure et pour également d’autres dossiers de brûlante actualité, comme l’affaire de la gestion de Joint Accounts à la Mauritius Commercial avec la prochaine convocation d’au moins quatre hauts cadres, dont le directeur des ressources humaines, Eddy Jolicoeur, le GamblingGate avec le retour de Me Yousouf Mohamed, Senior Counsel, de Londres et la position de Jean-Michel Lee Shim, ou encore le prochain interrogatoire Under Warning de Thierry Lagesse au sujet de la Mercedes Benz AMG, immatriculé 1122 FB 12.
Ces nouveaux limiers affectés au Central CID ont participé à un premier briefing général animé par les assistants commissaires de police Pregassen Vuddamalay et Heman Jangi. À ce stade, la douzaine de dossiers soumis par la Mauritius Revenue Authority au Central CID en transitant par l’Office of the Director of Public Prosecutions n’ont pas encore été attribués à des équipes d’enquêteurs désignés.
Des recoupements d’informations effectués auprès de sources bien renseignées avancent que la répartition des enquêtes devra être effective en fin de semaine avec les premières convocations pour interrogatoires Under Warning servies aux principaux concernés pendant le week-end. Les bolides ciblés, notamment différents modèles de Porsche ou même des Lamborghini et des Mercedes Benz, n’ont, semble-t-il, pas encore été saisies par les autorités, mais pourraient intervenir dans les prochains jours.
À ce stade, les noms des éventuels bénéficiaires de ces exemptions fiscales frauduleuses intéressent plus d’un. Les quelques rares privilégiés, qui ont eu accès aux dossiers compilés par la MRA, refusent de confirmer de manière officielle les premiers noms de personnalités « well and highly connected ». « Évidemment, il n’y a que du beau monde dans cette première liste. Ce ne sont qu’eux qui peuvent rouler ces voitures coûtant des dizaines de millions », laisse-t-on échapper avec un soupçon de cynisme.
L’un des premiers cas pourrait permettre d’établir la connexion entre un des Big Four de la comptabilité internationale avec SS Motors Ltd de Dhaneshwar Toolsee. Au moins une Range Rover super luxe et dernier cri pourrait très bientôt être placé en stationnement à côté de la Mercedes-Benz de Thierry Lagesse dans l’ancien hangar de l’hélicoptère de la police aux Casernes centrales.
Les représentants de cette firme de comptabilité devront subir des interrogatoires sous caution pour expliquer les procédures adoptées en vue de bénéficier d’exemptions fiscales auxquelles, ils n’en avaient pas droit. Cette liste de suspects à être interrogés comprendrait des noms de Top Managers dans le privé mais également des hommes d’affaires bénéficiant d’appui de très haut niveau sur l’échiquier politique et engagés dans d’importants projets.
Cette première série de dossiers dévoilant des cas de fraude à la douane révèlent également que le réseau ne se limiterait pas seulement à l’exploitation des Loopholes dans le Returning Resident Scheme. Dans cette formule simple, les hommes d’affaires ciblés étaient approchés par des intermédiaires avec pour proposition de bénéficier de voitures de luxe hors taxes sous des prête-noms de Mauriciens s’installant au pays après un long séjour à l’étranger.
Pendant les deux premières années, les bolides importés frauduleusement sont enregistrées sous les prête-noms, les fraudeurs les utilisant de leur plein gré avec les assurances et les frais de servicing en leurs noms. Après ces deux ans, les transferts d’enregistrements se font comme par enchantement.
Dans d’autres cas, de faux documents ont été présentés aux autorités lors des différentes procédures d’importation de ces voitures. De ce fait, les suspects pourraient être inculpés des délits de complot pour évasion fiscale mais également pour ceux de faux et usage de faux. Ainsi, outre, les officiels de la douane à la MRA mais également ceux de la National Transport Authority ou encore du Registrar General pourraient être subséquemment interrogés sur les agissements de ces auteurs de crime à col blanc et de leurs complices.