L’ex-Premier ministre Navin Ramgoolam, qui a passé deux nuits en cellule au Moka Detention Centre, a retrouvé la liberté hier matin contre trois cautions de Rs 100 000 chacune et deux reconnaissances de dettes de Rs 1 million. Il s’est rendu ce matin au tribunal de Curepipe en vue de s’acquitter de ces conditions imposées par la Bail and Remand Court (BRC) avant de retourner au QG du Central CID pour des compléments d’enquêtes que ce soit dans la BAI Mega Financial Scam ou encore les Rs 224 millions, dont Rs 110 millions de devises étrangères, saisies en sa résidence de River Walk le 6 février dernier.
À ce stade, le suspect Ramgoolam fait face à un cumul de cinq inculpations provisoires, les trois dernières étant l’entente délictueuse (conspiracy) pour détourner un montant de Rs 105 millions dans le “super deal” d’Iqbal Mallam-Hasham, du blanchiment d’une somme de Rs 40 millions avec l’emprunt contracté auprès de la défunte Bramer Banking Corporation Ltd en 2010 pour l’achat du bungalow de Roches-Noires, et de faux et usage de faux (forgery) dans les documents pour la vente des propriétés immobilières de Bramer Property Fund le 26 février 2014. Répondant à ces accusations en Cour, il a soutenu que « there is not an iota of evidence against me ».
D’autre part, intervenant lors d’un point de pesse impromptu au QG du PTr après sa remise en liberté provisoire, Navin Ramgoolam est revenu sur la thèse de vengeance politique du gouvernement de l’Alliance Lepep depuis les dernières élections générales. « Li enn vandeta politik pou elimine PTr », a-t-il déclaré en substance. Il a évoqué la possibilité qu’il soit de nouveau interpellé, car il a été de nouveau convoqué formellement au Central CID. Justifiant la décision de la police d’objecter à la Bail Motion devant la BRC samedi dernier, l’inspecteur Dussoye, du Central CID, a indiqué que la police enquêtait sur un cas de fraude financière massive impliquant la BAI Ltd, ou une somme de Rs 6 milliards a été détourné au préjudice des “policy holders” du Super Cash Back Gold et que la police soupçonne Navin Ramgoolam d’y être impliqué.