Nous avalerons dans pas longtemps des “aliments intelligents”, non polluants et pro-écologistes… Et je vous passe les éventuels lobbies (dits bio) qui germent comme des champignons après l’orage. Certains sont comestibles, d’autres s’avéreront “toxiques” et feront place à d’autres “produits” sur les rayons du marketing.

Ceci dit, consommons local.

Li fer larises res dan Moris. D’ailleurs, le “Grand méchant système” nous invite à bouffer sans gluten. Un(e) mode alimentaire, dit sain. Sauf que ces aliments allégés, sans matière grasse ni sucre ajouté, sont pauvres en qualité nutritive naturelle. Et on nous vendra des céréales enrichies chimiquement avec je-ne-sais-quoi : calcium, fer, probiotique, antibiotique… à filer, avec du lait, aux gamins qui pourront ainsi bien apprendre par cœur leurs leçons.

Une autre que l’auteure de ces lignes en profiterait pour dire que l’industrie bio est avant tout un “commerce”… qui sert à se faire du blé. Cela me semble un nouveau sillon qu’exploite le méchant système capitaliste. Qui, tapi au haut d’un building conditionné, conditionne le sort des pauvres. Ce matapan est caché là, à nous regarder danser sur des musiques de conserve. Avec si peu d’âme.

On nous invite à rire avec des vannes américaines que nous refourguent les Gad Elmaleh, Jamel Debbouze, Tomer Sisley… j’en passe et des pires. Ça ne vole pas bien haut par moments, mais c’est bien vendeur. Et surtout ça empêche le citoyen de réfléchir en dehors des ornières. Histoire d’occuper le temps de cerveau disponible avec des choses artificielles. Un conditionnement.

En ces temps interconnectés, réfléchir sur la dissémination de l’info est essentiel. Il est des questions que l’on devrait être amené à se poser lorsqu’on manipule des infos (dont des vidéos) explosives. La tentation de “balancer” l’info peut s’avérer irrépressible. Quelques manip’ sur son smartphone suffisent aujourd’hui à toucher un large public. Tro fasil…

Cela peut-être dangereux, sans mise en perspective ni contextualisation. Imaginez que les événements de février 99 se soient déroulés en 2019. Vous veillez la dépouille du défunt. Sortirez-vous votre smartphone discrètement pour filmer les blessures et traces de meurtrissures ? Et que ferez-vous de ces images : les soumettre aux autorités compétentes en guise de preuve ou les livrer à la vindicte populaire ?

Il semble que nous n’ayons pas toujours les bons réflexes face dans ce genre de circonstances. On préférera peut-être filmer une voiture qui prend feu et poster les images sur un média social, plutôt que de participer activement. Sans doute est-ce l’époque qui veut cela.

Combien de protestataires n’avons-nous pas compté sur le Web qui, le jour de se manifester dans les rues, sont “bloqués” derrière leurs écrans (en raison d’un empêchement) ?

Tous connectés mais chacun pour sa gueule ? Même les amitiés aujourd’hui apparaissent quantifiables au nombre de likes obtenus. Sauf que dans le monde réel, pas grand monde ne semble vraiment avoir le temps à consacrer à autre chose… qu’à sa gueule. Ainsi va la vie. Bref. Pissons !

Rétablir la connexion avec l’île Maurice d’en bas. Au bout de vingt ans, nous avons vu l’avènement d’un salaire minimum et s’ouvrir l’accès aux universités. Des mesures louables. D’autres diront : motivées par la tenue prochaine des élections générales. Il paraît que le pays se démerde bien économiquement. Bien bon !

Quid d’une redistribution équitable des richesses et de la construction de notre Nation mal unie dans sa diversité ? Le malaise est toujours prégnant entre possédants et ceux qui vivent criblés de dettes. Comment exorciser la disparité salariale qui nous sépare les uns des autres ?

Qui saura nous donner la solution, et surtout qui saura reprendre le combat ? Pas seulement en faveur de lerb mazik, mais aussi pou ki tou dimounn viv a-lez dan nou ti-zil. À moins que nous soyons voués à sap dan pwalon, bez dan dife…