Récemment, les médias ont rapporté, à la une de leurs bulletins d’information, deux sujets concernant deux pré-adolescents : le premier, le comportement d’un enfant d’une école primaire de la capitale qui, si cela est avéré, aurait exhibé son sexe, et le deuxième cas, la CDU qui se serait saisie du cas d’une autre qui accouche de son deuxième enfant alors qu’elle n’a que 16 ans.

JOCELINE MINERVE

Ces deux faits, qu’on appelait avant des faits divers, tendent à se généraliser à une telle fréquence que maintenant, nous nous en émouvons, fortement, sur le coup, et puis… nous passons à un autre item d’information, quand nous ne sommes pas occupés avec nos divertissements de masse ici, salons spécialisés là-bas ! Spectateurs désabusés et/ou consommateurs compulsifs !

« Les cieux nous tombent-ils sur la tête » subitement, comme un coup de massue, ou alors les signes avant-coureurs n’auraient-ils pas dû nous secouer de notre cécité déjà depuis un bon nombre d’années, voire plusieurs décennies ?

Notre dite élite et la caste dirigeante politique ne sont-elles pas préoccupées principalement que de choses touchant au dit ‘ développement’, de manière fébrile, attelés à transformer notre espace en chantier abrutissant? Reléguant l’attention au social qu’à une considération secondaire ?

Comme un coq dressé sur ses ergots, nous nous enorgueillissons de passer à la vitesse supérieure pour un usage plus accéléré de l’intelligence artificielle. Mais, attendons un peu, en attendant, la consigne serait-elle : ‘silence, on développe’ et ‘nou les kabri manz salad’ ?

Les cris poussés par certains citoyens, qui révèlent soit leur inquiétude ou leur demande de répression et d’autres qui tendent à culpabiliser les ‘parents’… Nos cellules policières comme nos prisons ne regorgent-elles pas d’un grand nombre d’incarcérés, qui furent des enfants en situation d’échec scolaire, à qui l’on n’a pas appris à gérer leurs pulsions sexuelles ou excités par l’appât du gain rapide dans un contexte, où l’exemple de l’argent facile leur est donné du haut de la pyramide sociale qui leur a été servie impérialement et dans un contexte où le commerce des marchands de la mort les attirait dans leurs filets pour écouler leurs drogues souvent frelatées !

Finalement, somme toute, ne sont-ce pas d’abord des victimes collatérales d’un mal-développement dans lequel nous persistons à avancer d’un pas accéléré ?

Cette idéologie politique assénant des slogans tels que ‘Solanz, amenn mo diary’, ‘survival of the fittest’, ‘no one owes us a living’, ‘moralite pa ranpli vant’… qui ont caractérisé l’action politico-économique depuis les années 80 ne devrait-elle pas être questionnée alors que les conséquences sociales sont des plus graves: familles décomposées, re-composées, enfants de plus en plus nombreux vivant dans des familles mono-parentales ou souvent sous la responsabilité de mères-célibataires, maladies psychosomatiques, déprime, dépressions, cas grandissant de suicides…? Signes évidents d’un mal-être social généralisé ! N’est-il pas temps de remettre à l’ordre du jour un deuxième épisode des États généraux du social avant que l’incendie ravageur n’atteigne toute la surface de la maison nationale ?