L’année financière se terminant au 31 mars 2015 a été marquée par des pertes conséquentes estimées à Rs 950 millions (au taux de change du jour) pour Air Mauritius. Le conseil d’administration de la compagnie aérienne nationale s’est penché aujourd’hui sur les facteurs affectant la performance de 2014-2015 avant de communiquer les résultats à la Bourse de Maurice.
Le dernier trimestre de l’exercice financier 2014-2015 a été encore plus fatidique pour Air Mauritius. Les pertes après-impôt, qui avaient atteint 8,7 millions d’euros (environ Rs 350 millions sur la base du taux de change moyen de l’euro pour la période avril-décembre 2014) sur les neuf premiers mois, ont continué d’augmenter pour dépasser, selon les dernières indications obtenues, la barre des 23 millions d’euros. Ce résultat contraste profondément avec celui réalisé en 2013-2014 quand la compagnie avait dégagé des profits nets de 7,9 millions d’euros.
Dans les milieux d’Air Mauritius, on laisse entendre que cette dernière a affiché en 2014-2015 un chiffre d’affaires record (plus de 460 millions d’euros, précise-t-on) et a transporté également un nombre record de passagers (près de 1,4 million), des performances qui, ajoute-t-on, confirment son rôle de premier transporteur sur Maurice aussi bien que celui de principal partenaire du secteur touristique. Les pertes nettes affichées par Air Mauritius pour l’exercice financier écoulé sont attribuées en grande partie à la baisse du taux de change de l’euro vis-à-vis du dollar américain. L’euro, fait-on ressortir, qui s’échangeait à un peu plus de 1,35 dollar au début de l’année financière 2014-2015, s’est replié de manière soutenue par la suite pour se retrouver à 1,08 dollar à la fin de l’exercice. Ce recul a eu un impact négatif d’un peu plus de 25 millions d’euros sur les résultats. Les analystes financiers indiquent que le taux de change euro/dollar doit être supérieur à 1,30 pour qu’il y ait réellement des retombées positives sur les résultats d’Air Mauritius.
On laisse entendre également que la baisse du prix moyen du carburant (de 107 dollars en 2013-2014 à environ 90 dollars en 2014-2015) a eu un impact positif réduit du fait du taux de change défavorable et la couverture de risque (hedging) réalisée sur environ 40 % des besoins en carburant de la compagnie. Les dépenses sur le carburant n’ont diminué que de 10 millions d’euros par rapport aux provisions budgétaires.
Air Mauritius attribue également sa contre-performance à une « concurrence féroce » sur tous ses marchés, freinant ainsi sa croissance et provoquant une baisse de ses recettes. On estime à 16 millions d’euros nets l’impact négatif de cette « concurrence féroce », cela malgré le fait que la compagnie a transporté près de 1,4 million de passagers, soit environ 40 000 de plus qu’en 2013/2014. Cependant, elle a augmenté d’environ 35 000 le nombre de sièges avions sur son réseau, soit un total de 1,95 million.
Les milieux d’Air Mauritius font ressortir que la compagnie a continué à déployer beaucoup de ressources sur les marchés émergents dont celui de la Chine. Toutefois, ils arguent que certains opérateurs sur ce dernier marché n’ont pas pu respecter leurs engagements avec pour résultats un taux de remplissage en diminution : de 77 % à 65 %. Cette baisse s’est traduite par un manque à gagner d’une dizaine de millions d’euros.
Le nouveau conseil d’administration placé sous la présidence d’Arjoon Suddhoo, estime-t-on, aura du pain sur la planche pour que les comptes de la compagnie d’aviation nationale retournent au vert. Un plan a été préparé par le management pour que la compagnie puisse redorer son blason. Il a été épluché par le conseil d’administration. La gouvernance sera grandement renforcée, fait-on remarquer. Par ailleurs, un appel à candidature international a été lancé en vue du recrutement d’un nouveau Chief Executive Officer pour succéder à Andre Viljoen.