La compagnie d’aviation nationale Air Mauritius dit ne pas être prête, pour l’instant, pour collaborer à l’éventuelle création d’une compagnie d’aviation régionale dans l’océan Indien. C’est son président du conseil d’administration, Dass Thomas, qui l’a affirmé, hier, lors de la conférence sur la connectivité dans l’Indocéanie organisée par la Commission de l’océan Indien (COI). « MK passe par des moments difficiles et sa tâche est de retrouver la sérénité, pour ne pas dire la profitabilité, et que la compagnie regagne sa position d’opérateur économique incontournable dans la région », a-t-il dit.
Air Mauritius, affirme Dass Thomas, sans élaborer, a eu à faire face à des difficultés énormes. Il ajoute que trois anciens CEO de cette entreprise sont également passés par des moments difficiles. Certaines décisions importantes ont été prises et d’autres vont l’être mais malheureusement, dans certains cas, elles ne vont pas plaire à tout le monde. Le gros problème de l’heure pour MK est qu’elle se trouve dans une situation difficile, qu’elle est fragile et qu’elle est attaquée de toutes parts. « Il nous faut trouver des solutions durables. Nous aurions pu vendre les actifs de la compagnie et la réduire au strict minimum et gagner de l’argent. Mais, ce n’est pas la solution », a-t-il affirmé. Dass Thomas a, à ce stade, dit « non, MK n’est pas prête pour la régionalisation parce que nous ne pouvons laisser la compagnie périr le temps que prendra la création d’une compagnie régionale. »
Le président du conseil d’administration de MK a ensuite évoqué certains problèmes qui nécessitent des solutions urgentes. L’un d’eux est les caprices des dirigeants politiques qui sont à la tête des pays. Il a dit avoir vécu l’expérience lors d’un vol à Nairobi. « La porte de l’avion était presque verrouillée lorsque le commandant a annoncé que les passagers devaient tous descendre parce que le président du pays a décidé au dernier moment de partir pour une destination particulière et que l’espace aérien doit être libéré. Aucun vol commercial ne pourra décoller. Cela a duré deux heures et demie », dit-il. En une autre occasion, l’ancien PDG d’Air Afrique, Sir Harry Tirvengadum, lui avait dit que s’il savait, il n’aurait pas fait deux classes dans les avions de la compagnie mais une seule, parce que tous les sièges de business et de première classe étaient pris par les familles des dirigeants politiques et leurs proches. « Il n’y avait aucun revenu pour cela », affirme-t-il.
Revenant sur l’idée de la création d’une compagnie d’aviation régionale, M. Thomas a estimé que ce n’est pas un projet mort-né mais qu’à ce stade, il ne peut engager son entreprise. « Certes, la situation n’est pas rose mais je me dis toujours qu’après la pluie, il y a le beau temps. »