Air Mauritius a lancé hier soir son premier vol direct régulier sur Guangzhou, en Chine. Pour ce vol inaugural, les passagers et visiteurs de l’aéroport ont eu droit, pendant plus d’une heure, à une représentation des danses de dragon. D’une durée de 10 heures, le vol MK 680 a quitté Maurice à 22h et a atterri vers 8h (heure de Maurice) à l’aéroport de Canton Baiyun, à Guangzhou. L’équipage était mauricien, soit le pilote Ravi Baichoo et les copilotes Sadai Esoof et Romain Demon.
Le vol était presque complet avec pas moins de 133 voyageurs malgaches et une petite minorité de familles mauriciennes. Le départ de Guangzhou est prévu à 13h45 pour une arrivée à 19h30 mercredi. Interrogé aux loges d’Amédée Maingard à l’aéroport SSR, Megh Pillay, le CEO d’Air Mauritius, a déclaré au Mauricien : « L’enjeu d’avoir un vol direct sur Guangzhou est énorme dans la mesure où cette ville est le deuxième aéroport de Chine après Pékin. Pas moins de 48,5 millions de passagers par an transitent par là, soit un nombre qui se rapproche de l’aéroport JFK de New York. Guangzhou est la porte d’entrée de la province de Guangdong qui est, rappelons-le, la plus peuplée et la plus riche de la Chine. » C’est en effet, souligne Megh Pillay, le centre manufacturier, financier et le centre de commerce international. Guangdong est par ailleurs le point de sortie pour les nombreux touristes chinois qui voyagent et qui visitent également Maurice.
Pour le CEO, ne pas avoir de vol direct sur Guangzhou était une « aberration ». D’autant que la compagnie Air Mauritius est déjà présente sur Chengdu, au nord-est, et Pékin, qui se situe à plus de 2 000 km plus au nord, sans compter Shanghai. « Lorsque j’ai pris mes fonctions, j’avais le choix d’opérer un troisième vol par semaine sur Hong Kong. Nos deux vols affichent déjà complets. Et comme vous le savez, nous avons établi les contacts en un temps record. Ce qui est presque impossible. Nous avons tout réglé auprès des autorités aéroportuaires et des agences manutentionnaires notamment. Jusqu’à lundi matin, nous étions toujours en train de finaliser l’accord et on était en attente du feu vert. Ce qui n’a pas été une sinécure dans la mesure où le langage technique demeure un obstacle à franchir. »
Megh Pillay ne cache pas sa satisfaction car, dit-il, « avec le vol Guangzhou, cela voudra dire qu’Air Mauritius sera présent avec neuf vols par semaine, ce qui renforce notre capacité à 31% sur la Chine ». Et d’ajouter : « Maurice sera de plus un port de transit pour Madagascar, 133 Malgaches étant présents rien que pour ce vol inaugural, La Réunion, l’Afrique du Sud et les Comores. » Qui plus est, précise-t-il, « le vol du retour affiche déjà complet » ainsi que les quatre prochains vols. « La demande y est. Lorsqu’on souhaite opérer un vol, on a plusieurs craintes, notamment qu’on ait surestimé la demande. Il y a un taux de remplissage que nous devons respecter pour pouvoir rentabiliser et je suis heureux de dire que nous sommes nettement au-dessus du profit. » À ce rythme, il y a une grande probabilité qu’un deuxième vol soit proposé pour la destination Guangzhou. À noter que, jusqu’ici, il fallait transiter par Dubaï (Emirates), Istanbul (Turkish Airlines) et l’Éthiopie (Ethiopia Airlines). Précisons encore qu’Air Mauritius opérera sur cette route un appareil Airbus A340-300 ER, bi-classe, avec 34 sièges en Classe Affaires et 266 sièges en Classe Économie. L’an dernier, Air Mauritius avait offert 124 506 sièges sur ses destinations chinoises. Ce nombre passera à 163 540 en 2016/17, ce qui représente une croissance de 31% de la capacité sur la Chine.