Identifier des actions concrètes de coopération régionale dans le domaine aérien pour permettre aux îles de l’océan Indien de mieux confronter les défis économiques et commerciaux dans un monde en pleine mutation. C’est ce qu’a souligné Arvin Boolell, ministre des Affaires étrangères lors de la première conférence sur la connectivité dans l’Indianocéanie organisée aujourd’hui et demain sous l’égide de la Commission de l’océan Indien. Des experts discuteront de la stratégie à adopter pour le transport aérien dans cette partie du monde, qui demeure avec le transport maritime une des priorités d’action de la COI.
« Pourrait-on développer une stratégie de coopération régionale dans le domaine du transport aérien dans un continent africain émergeant avec une classe moyenne dont le nombre peut atteindre les 500 millions en 2030 ? » C’est la question que s’est posée le ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration régionale Arvin Boolell à l’ouverture de cette conférence ce matin à l’hôtel Labourdonnais, Port-Louis.
Arvin Boolell a soutenu que l’isolement et l’étroitesse de nos différents marchés causés par l’insularité, accentués par la hausse des prix de pétrole et de coûts d’opération, restent des obstacles majeurs pour la croissance de notre région. « Il n’y a pas de doute qu’un service efficace du transport et de la communication reste un élément clé du développement socio-économique de notre région », a-t-il fait ressortir.
Selon le ministre, la crise économique et financière ainsi que les effets néfastes de la mondialisation affectent tous nos pays. « Elles ont tendance à ralentir les transactions et à paralyser les investissements à court terme. Elles nous interpellent à une réorientation, à des adaptations et mutations. Bref, à un changement structurel. Les États-membres de la COI ne peuvent rester insensibles à la recherche des solutions telles que la réduction des coûts, l’adaptation des services, la recherche de nouveaux créneaux de développement… », a déclaré Arvin Boolell.
Pour sa part, le secrétaire-général de la COI Jean-Claude de l’Estrac a estimé qu’il serait dommageable de continuer de disperser les efforts et de gaspiller les énergies au lieu de mutualiser les ressources au bénéfice de tous les pays de la région. Selon lui, partout dans le monde, l’on se pose la question de futur modèle aérien, qui mobilise tant les gouvernements que les opérateurs privés. « Comment les compagnies aériennes vont-elles faire face à l’augmentation croissante de leurs coûts d’opération ? Quel rôle aux compagnies aériennes nationales ? Quel rôle aux États ? Quel degré de libéralisation ? Comment éviter que les stratégies commerciales des transporteurs ne nuisent aux intérêts des économies des pays qu’ils sont censés servir ? Les réponses à ces questions auront un impact direct sur l’évolution économique de la région », a soutenu Jean-Claude de l’Estrac.
Quant à Alessandro Mariani, chef de la délégation de l’Union européenne à Maurice, il a rappelé qu’il existe une « clear division of labour » au sein de l’UE entre la Commission européenne et la Banque d’investissement européenne. La Commission qui offre des grants a axé sa coopération en termes de développement en Afrique sur la sécurité aérienne et la navigation satellitaire, avant de citer une série d’activités menées par la Commission, a-t-il expliqué. Tandis que la BEI, a-t-il ajouté, se consacre à trois domaines dans le secteur du transport aérien : le développement des aéroports, la gestion du trafic aérien et l’acquisition d’avions.