La cinquantaine d’employés de The Car Company Ltd viennent d’être informés que « pour des raisons économiques l’entreprise n’a d’autre choix que de mettre fin à leur contrat d’emploi » et qu’ils travailleront jusqu’au 19 septembre 2011. La majorité d’entre eux ont plus de 20 ans de service et ignorent s’ils obtiendront une compensation. Des rumeurs persistantes voudraient qu’une autre compagnie reprenne les activités de The Car Company Ltd. Jack Bizlall, leur négociateur, a écrit au ministère du Travail pour réclamer une enquête.
« I have, in my capacity of liquidator of the company, taken stock of the financial situation of the company and I regret to inform you that the company has no alternative but to terminate your employment for economic reasons with effect from 19 september 2011 », écrit A. Luchumun (FCCA), liquidateur de The Car Company Ltd, dans la lettre adressée aux employés concernés. Ces derniers sont complètement désemparés par cette annonce brutale qui frappe directement leur vie familiale.
Le groupe d’employés faisait partie du staff à l’époque où Avis Rent-A-Car appartenait autrefois à White Sand Tours. Ils étaient au courant des difficultés de The Car Company Ltd mais ils affirment avoir obtenu l’assurance qu’aucun ancien employé ne perdrait leur emploi. « Zot ti dir nou pa trakase, zot amploi garanti », racontent quelques-uns d’entre eux. D’où leur consternation.
Ce qui révolte davantage la cinquantaine d’employés, c’est que le liquidateur ne fait mention dans la « notice of termination of employment » d’aucun paiement de compensation et leur adresse tout simplement des remerciements pour leur contribution à l’entreprise. « On behalf of the company, I wish to thank you for your contribution and wish you continuing success in your career. »
Dans une lettre au ministère du Travail pour l’informer du licenciement du personnel de Avis, Jack Bizlall attire l’attention des autorités sur le silence concernant la compensation. Le négociateur évoque aussi la possibilité, selon les informations qui lui parviennent, que ces employés « be absorbed by another company » et demande ainsi aux inspecteurs du Travail de mener une enquête à ce sujet. En cas d’un éventuel transfert de ces personnes, M. Bizlall voudrait savoir les conditions dans lesquelles ils seront réembauchés.
Pour leur part, la cinquantaine d’employés, visiblement très bouleversés, dont plusieurs ont des enfants qui étudient, ne comptent pas rester silencieux. Personne n’a accusé réception de la « notice of termination of employment » avant d’avoir des explications. Ils se concertent pour alerter l’opinion publique sur leur sort. Leurs préoccupations immédiates : « Eski nou pou gaygn enn konpansasion ou eski nou finn travay pou nanrien ? » ; « Quoi dire à nos enfants ? » ; « Allons-nous devoir recommencer à zero dans une autre entreprise ? » ;« Qui va recruter des quadragénaires ? »