La handisportive Noemi Alphonse a été suspendue, le 29 février dernier, par Physically Handicapped Persons Sports Federation (PHYSFED) en attendant qu’un comité disciplinaire décide de son sort. Cette sanction fait suite à une réunion en date du 23 février dernier entre le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yogida Sawmynaden, la présidente de la PHYSFED, Véronique Marisson, et la présidente de Magic Parasports Club, Hewlett Nelson. Il est reproché à Noemi Alphonse d’avoir eu un mauvais comportement à l’égard de Véronique Marisson et du ministre, le 11 février dernier, à l’occasion de la cérémonie des récompenses tenue au gymnase de Phoenix. Chose que conteste la handisportive. Ce qui est encore plus grave c’est que cette suspension a été prise avec le consentement du ministre de la Jeunesse et des Sports, Yogida Sawmynaden, comme indiqué dans une lettre.
Depuis quand un ministre de la Jeunesse et des Sports a-t-il le droit de s’ingérer dans les affaires d’une fédération, allant même jusqu’à soutenir la suspension d’un sportif, de surcroît une handicapée, nommément Noemi Alphonse ? C’est la grande question que l’on se pose après avoir été en présence d’une copie d’une correspondance de la PHYSFED, adressée le 29 février, à la présidente de Magic Parasports Club. Une correspondance où on peut clairement lire : “ Suite à la réunion avec le ministre de la Jeunesse et des Sports et la réception de votre courriel, je vous fais savoir que mademoiselle Alphonse Noemi, athlète de votre club, a été mise à pied, à titre conservatoire jusqu’à la décision qui sera prise par le comité disciplinaire. “
Ce qui interpelle aussi, c’est que la PHYSFED a ensuite tenté de se dédouaner en adressant une nouvelle correspondance pour préciser que “ c’est le comité exécutif de la PHYSFED qui a pris la décision de suspendre Noemi Alphonse lors d’une réunion tenue le 23 février 2016 “ Cela après que le ministre Sawmynaden a intervenu sur les ondes d’une de radio privée au courant de la semaine ! Qu’on le veuille ou non, la complicité du ministre est toute faite, noir sur blanc.
Ce qui choque encore, c’est le manque de professionalisme de la PHYSFED. Si sur la première correspondance, aucune date n’est mentionnée, en revanche, sur la seconde, la date du 3 mars a été écrite, à la main, dans un espace libre à la fi n de la correspondance. Que dire aussi du fait que la correspondance a été adressée en premier au ministre Sawmynaden, alors que le Magic Parasports Club, principal concerné dans cette affaire à travers son athlète, a été informé en dernier !
Déjà diminuée par ses handicaps !
La suspension de la handisportive Noemi Alphonse à un peu plus d’une semaine du déplacement pour le Grand Prix de Dubaï, compétition qualifi cative pour les Jeux Paralympiques de septembre prochain, au Brésil, dépasse largement le cadre du sportivement correcte. Point d’humanisme de la part de ceux concernés et surtout un scénario qui laisse à penser à un règlement de compte. La principale concernée, Noemi Alphonse, est elle profondément déçue par l’attitude de certaines personnes.
C’est en voulant défendre les intérêts de son amie Anaïs Angéline et savoir pourquoi elle n’avait pas été sélectionnée pour le Grand Prix de Dubaï qu’elle a été suspendue en attendant d’être entendue devant un comité disciplinaire. Ce qui révolte le plus, c’est que la PHYSFED a informé Magic Parasports Club que Noemi Alphonse a été remplacée par… Anaïs Angéline ! Avouez qu’il y a de quoi être perplexe devant de telle décision. Car la façon de procéder de la PHYSFED révolte. Tout comme le comportement du ministre Sawmynaden qui, au lieu de faire preuve d’humanisme, n’a fait qu’enfoncer le clou davantage dans une affaire où est concernée une athlète déjà diminuée par un certain nombre de handicaps.
Révoltée, Noemi Alphonse ne veut pas baisser les bras. “ Ce n’est pas dans mes principes d’abondonner. Je continuerai à me battre pour que les droits de tous les handisportifs soient respectés. J’ai été sincère dans mes propos et je les assument “, a-t-elle déclaré. Ce qui la dégoûte encore plus c’est que ce sont, à chaque fois, les athlètes de Magic Parasports Club qui ont des problèmes avec la PHYSFED. “ Pourtant, ce sont ces mêmes athlètes qui réalisent de grosses performances en athlétisme et qui font honneur à la République de Maurice “, a-t-elle ajouté.
Des actions légales si…
Noemi Alphonse va encore plus loin et se demande : “ Que me reproche-t-on ? Quel mal ai-je fait en voulant défendre les intérêts d’une amie ? Il faut rappeler que ce n’est pas la première fois qu’Anaïs se retrouve dans une situation semblable après le Grand Prix d’Italie et les Jeux d’Afrique au Congo-Brazzaville “, a-t-elle fait remarquer. Ce qui est encore plus déplorable, a-t-elle expliqué, c’est qu’avant d’établir la sélection, Anaïs Angeline se situait à 16 secondes sur 100m, alors que les minima B pour les Jeux Paralympiques sont de 15:40. “ Anaïs a de très bonnes chances de se qualifier, tout comme nous autres.
“ Les choses ont cependant pris une autre tournure avec la suspension de Noemi Alphonse. “ Le public saura tirer ses conclusions. Je me retrouve suspendue injustement et je raterai très probablement le Grand Prix de Dubaï. Sans compter cette décision révoltante de la fédération de me remplacer par mon amie Anaïs, celle que j’ai défendue jusqu’au bout. Ce n’est pas bien tout ça “, a-t-elle déploré.
Noemi Alphonse a terminé en affirmant qu’elle n’a, à aucun moment, été agressive envers Véronique Marisson le 11 février dernier à Phoenix. “ Je lui avais tout simplement demandé pourquoi Anaïs n’avait pas été sélectionnée et elle a dit ne pas comprendre ce que je lui disais. Elle m’a ensuite dit qu’Anaïs n’était pas classifi ée et que le chrono qu’elle avait réalisé ne correspondait pas à celui de la PHYSFED pour être sélectionnée pour le Grand Prix de Dubaï. Je lui ai alors posé la question suivante : êtes-vous une couyonne madame ? “, a-t-elle déclaré.
A noter que la handisportive et Magic Parasports Club ne comptent nullement en rester là et envisage des actions légales si les droits de Noemi Alphonse ne sont pas rétablis.