Réagissant à la décision du conseil des ministres de rendre légal l’avortement sous certaines conditions, le porte-parole du Muvman Liberasyon Fam est d’avis que cette démarche est une étape importante vers la décriminalisation. Rappelant le combat sans relâche du mouvement en ce sens, Rajni Lallah insiste sur l’imminence d’une loi régulationniste. « Cette décision a déjà été prise avec beaucoup de retard… Il faut que cette loi vienne au plus vite car il y a eu assez de victimes », déclare-t-elle au Mauricien.
Pour la porte-parole du Muvman Liberasyon Fam (MLF), la décision de l’imminence d’une loi régulationniste sur l’avortement legal dans certains cas devait venir tôt ou tard. « C’est une suite du combat mené par notre mouvement et plusieurs autres organisations depuis des années », souligne Rajni Lallah.
C’est une lutte de longue haleine au niveau local et international, indique Rajni Lallah, pour amener le gouvernement à prendre conscience du nombre de femmes qui ont perdu la vie en ayant recours à l’avortement illégal. La porte-parole du MLF se dit satisfait qu’après tant d’années, le gouvernement a pu trouver un consensus. Notre interlocutrice attire par ailleurs l’attention sur le fait que cette décision est inspirée d’un rapport préparé en 2001 par Pramila Patten.
« Nous remarquons aussi que les conditions de l’avortement légal dans certains cas sont les mêmes proposées par le gouvernement MMM-MSM en 2000 », souligne Rajni Lallah. Et d’ajouter : « Ce qui devra créer moins d’animosité entre l’opposition et le gouvernement à l’Assemblée nationale quand il sera question de voter les amendements à la loi. »
Si Rajni Lallah estime que les conditions de l’avortement légal sont assez restrictives, elle admet toutefois que cette décision est une étape importante vers la décriminalisation. « Si une femme prend désormais le Cytotec, elle n’aura plus peur d’aller à l’hôpital pour se faire soigner, ce qui permettra de créer un nouveau rapport de forces », souligne notre interlocutrice. « Ce qui réduira le nombre de décès liés aux avortements clandestins », dit-elle.
La porte-parole du MLF est aussi d’avis que cette décision encouragera les pharmaciens à diminuer l’utilisation du Cytotec et à importer la pilule RU-486, méthode médicamenteuse spécifique pour l’avortement accessible dans la plupart des hôpitaux et des cabinets gynécologiques ainsi que dans certains cabinets de médecine générale à l’étranger. « À l’étranger, les médecins prescrivent ce médicament et font par la suite un suivi de l’état de santé de la patiente. Le RU-486 est beaucoup plus sûr que le Cytotec », indique-t-elle.
Rajni Lallah insiste sur l’imminence d’une loi régulationniste en ce sens. « Cette décision a déjà été prise avec beaucoup de retard, il faut que la loi vienne au plus vite car il y a eu assez de victimes », souligne-t-elle. Dans le cadre de la Journée de la femme cette année, le MLF avait rendu un hommage aux femmes décédées à la suite d’avortements clandestins.
L’an dernier, Marie Sharonne Marla, enceinte de quatre mois, est décédée le 25 décembre après la prise de pilules abortives, alors qu’en 2009, Marie Noëlle Derby, photographe de presse, mourait à la suite d’une septicémie, provoquée par la prise d’une pilule abortive et d’autres tisanes de grand-mère.