Alors que les débats sur le texte de loi visant à amender le code pénal afin de permettre l’avortement dans des cas spécifiques à Maurice devraient débuter au parlement demain, le leader du MMM a de nouveau affirmé à une conférence de presse samedi que les parlementaires mauves pourront s’exprimer et voter selon leurs convictions. Paul Bérenger considère personnellement que le statu quo ne peut être maintenu d’autant que la loi qui régit la question de l’avortement date de 1838 et est archaïque. « Elle condamne l’avortement même lorsque la vie de la mère est en danger », a-t-il dit.
Le leader du MMM a expliqué qu’il a eu l’occasion de rencontrer l’évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, ainsi que l’Attorney General Yatin Varma. Il a affirmé avoir fait des propositions précises afin d’améliorer le texte de loi, qui devaient normalement faire l’objet de discussions au Conseil des ministres samedi.
Le projet de loi sera un des premiers textes qui sera étudié demain après l’intervention des députés de la majorité sur le discours-programme qui, comme on le sait, est boycotté par l’opposition. Paul Bérenger a affirmé qu’il aurait préféré une séance spéciale du parlement. Ce qui aurait donné à ce texte un aspect solennel. Il a expliqué que le projet de loi a été évoqué avec le MSM. Le leader de l’opposition a aussi souligné que l’évêque de Port-Louis l’a informé de sa position notamment lorsque la vie de la femme est dangereusement menacée.
Exprimant une position personnelle, Paul Bérenger a expliqué qu’on ne peut maintenir le statu quo car la loi actuelle datant de 1838 est archaïque et est intransigeante même dans le cas où la vie de la mère est en danger. « Ce qui est inacceptable », a-t-il dit. Le leader du MMM a de plus insisté sur le fait que dans tous les cas, la décision finale de se faire avorter devrait revenir à la femme. « Si, par exemple, le médecin spécialiste décèle une anomalie sévère du foetus, la décision d’avorter pour la maman se ferait sur une base volontaire. » Évoquant le texte de loi qui a été rejeté par le parlement en Irlande, Paul Bérenger a observé qu’il voulait éliminer le droit à l’objection de conscience et que le médecin pouvait avorter des filles enceintes sans l’autorisation parentale. Il a également souligné que parmi les points évoqués avec Yatin Varma, figure l’avortement en cas de viol. À ce sujet M. Bérenger a estimé que les cas de viol relèvent de la police et pas du médecin traitant – ce qui l’a amené à proposer que la victime jure un affidavit en cour.
Par ailleurs, dans un autre volet de sa conférence de presse samedi, le leader de l’opposition s’est longuement appesanti sur l’affaire Bois de rose qui, selon lui, s’est retournée contre le gouvernement tout comme cela a été le cas pour l’affaire MedPoint. Il s’est demandé pourquoi l’ancien Premier ministre malgache, M. Vital, avait pris contact avec le ministre Xavier-Luc Duval, qui n’avait alors rien à faire avec la douane parce qu’il était en charge du ministère de la Sécurité sociale. Paul Bérenger a conclu que dans l’affaire Bois de rose « MBC ou pas, Banque mondiale ou pas, les coupables devront payer ». Il a annoncé qu’il reviendra à la charge avec l’affaire Betamax et a parlé des tentatives et des « magouilles » en vue de faire partir Megh Pillay de la STC.