Le Front Commun pour l’Avortement a rencontré hier l’Attorney General Yatin Varma pour lui présenter des propositions intérimaires, en attendant la nouvelle loi. Cette demande fait suite au décès tragique de Marie Sharonne Marla, suite à la prise de comprimés Cytotec pour se faire avorter. Le Front Commun réclame l’amendement de certaines sections de la loi afin d’éviter que d’autres femmes ne meurent dans des conditions similaires.
Le décès tragique de Marie Sharonne Marla relance le débat sur l’avortement. Ces événements surviennent peu de temps après le rapport de la Convention for the Elimination of Discrimination Against Women (CEDAW) des Nations unies, critiquant Maurice pour la criminalisation de l’avortement. Le Front Commun pour l’avortement, composé du Muvman Liberasyon Fam (MLF), de Women in Networking (WIN) et de la Mauritius Family Planning Association (MFPA), a rencontré l’Attorney General hier, pour discuter de la question. Trois propositions ont été faites à Yatin Varma en tant que mesures intérimaires, en attendant la nouvelle loi visant à décriminaliser l’avortement dans certains cas. La plateforme demande ainsi à l’Attorney General de prendre une position publiquement pour soutenir l’argument du Directeur des Poursuites Publiques (DPP) selon lequel la loi sur l’avortement est ambiguë et ne correspond pas aux provisions de la loi criminelle.
Des amendements à la loi datant de 1838 sont aussi réclamés. Le front commun demande à ce que la section 235 du Criminal Code précise que l’avortement est interdit au-delà de 20 semaines de grossesse, au lieu de la simple mention « quick with a child », qui est vaste. Un autre amendement est réclamé à la loi régissant les pratiques de médecine illégales, afin que les avortements clandestins (backstreet abortions) en fassent partie.
Ces mesures intérimaires, selon le Front commun pour l’avortement, permettront d’éviter d’autres drames, en attendant la nouvelle loi. Yatin Varma a déclaré aux représentantes de la plateforme qu’il va considérer ces propositions, sans prendre aucun engagement pour autant. Il a tenu à rassurer sur la présentation prochaine de la nouvelle loi au cabinet sans donner de date précise. Pour Rajni Lallah, de MLF, les demandes du Front commun deviennent encore plus urgentes étant donné qu’il n’y a aucune indication sur la présentation du nouveau Bill. « Ce que nous retenons surtout, c’est que l’Attorney General est d’avis que les consultations sont terminées et qu’il faut passer à l’action. »
Le Front commun pour l’avortement avait déjà réclamé la suspension de la loi de 1838 l’année dernière dans le cadre de l’affaire Shabila Kalla, poursuivie pour s’être fait avorter. L’accusée ayant été disculpée, il n’y a pas eu de suite à cette affaire. Cette fois-ci, pour soutenir sa demande, le front commun compte organiser une série de mobilisations au courant de l’année 2012, afin d’éviter que « d’autres femmes ne perdent la vie à cause d’un avortement dans de mauvaises conditions. »