Le Front commun en faveur de la nouvelle loi sur l’avortement exprime sa satisfaction après l’adoption du Criminal Code (Amendment) Bill à 50 votes contre 14. Les membres s’attendent maintenant à ce que les règlements concernant l’avortement soient élaborés au plus vite, afin que la loi puisse être promulguée.
« Nous ne voulons pas que le Criminal Code (Amendment) Bill se retrouve au fond d’un tiroir après le vote, comme cela a été le cas pour l’Equal Opportunity Bill ». C’est ce qu’affirme Lindsey Collen du Muvman Liberasyon Fam (MLF) et porte-parole du front commun en faveur de la nouvelle loi sur l’avortement. Le front s’attend à ce que l’unité responsable de ce dossier au ministère de la Santé travaille rapidement sur la réglementation, afin que la loi puisse être promulguée.
Par ailleurs, Lindsey Collen apprécie qu’une semaine après le « vote historique », la vice-présidente, Monique Ohsan-Bellepeau, ait donné son assentiment à la nouvelle loi. « Cela fait partie du processus normal, il n’y avait aucune indication à l’effet que la vice-présidente allait refuser son assentiment. »
Ce qu’il reste à éclaircir cependant, ajoute Lindsey Collen, c’est quelles méthodes ou quel médicament sera utilisé pour l’interruption volontaire de grossesse (IVG). « Il faudra savoir si on va avoir recours au Cyotec comme c’est le cas actuellement ou si on va maintenant autoriser l’importation du RU-486 qui est une vraie pilule abortive. »
De son côté, Bagooaduth Kallooa, président de la Nursing Association, souhaite que les procédures administratives pour une IVG ne soient pas trop longues. « Comme on le sait, le temps est un facteur majeur dans ce cas. » Il souhaite également que cette intervention se fasse dans les meilleures conditions à l’hôpital et dans les cliniques privées. « En tant qu’infirmiers, nous sommes préoccupés par la promulgation de la loi, car l’avortement est un problème de santé publique. Nous veillerons également à ce qu’il n’y ait aucun abus de la part des professionnels de santé. »
Pour la directrice de la Mauritius Family Planning Welfare Association (MFPWA), Vidya Charan, la nouvelle loi ne viendra pas régler le problème des avortements clandestins dans le pays. D’où son appel pour que la santé sexuelle et reproductive soit discutée avec plus de sérieux à Maurice. Elle ajoute que la contraception d’urgence existe déjà dans le pays et que les victimes de viol peuvent y avoir recours.
Sur ce même sujet, Manda Boolell de Women in Networking (WIN) invite toutes les organisations travaillant avec les jeunes filles à les sensibiliser sur le viol. « Il est connu que de nombreux cas de viol se passent dans la famille et restent cachés. Comment va-t-on donner le soin à ces victimes si les cas ne sont pas rapportés à la police ? »
Manda Boolell plaide pour une vraie éducation sexuelle dans les écoles ainsi que pour la sensibilisation à la contraception pour les jeunes filles et garçons.
Le front commun rappelle qu’il est en faveur de la légalisation de l’avortement de manière générale, mais estime que la dépénalisation dans certains cas est déjà un pas en avant.