Des ulémas estiment qu’on peut pratiquer l’avortement sur une femme enceinte avant la période de 120 jours, que dans certains cas. Cette précision a été apportée par le maulana Haroon Assen, qui reprenait les propos du mufti Mohammad Ishaak, au siège de la Jummah Mosque, hier après-midi, où les ulémas se sont exprimés sur la question de l’avortement pour dire non à cette pratique. Un sujet qui fait débat actuellement dans divers milieux à Maurice. 
« Nous condamnons à haute voix l’avortement, nous sommes clairs à ce propos, mais comme le mufti vient de le dire, il y a des cas d’exception, qu’il précisera très bientôt sous forme d’une fatwa. Notre point de vue n’est pas celui des ulémas, des imams ou autres ; c’est le point de vue guidé par la Chariah, le Coran et les paroles du Prophète. Ce n’est pas notre opinion », a déclaré le maulana Assen. Invité par la presse à préciser ses propos, le maulana a fini par parler des exceptions, sans en dire davantage, si ce n’est qu’une fatwa sera publiée à ce sujet très bientôt.
Dans cette fatwa, indique-t-il, mention sera également faite de la question de la contraception qui divise les différentes écoles de pensée islamique. « Une partie est en faveur de la contraception, une autre est contre. Donc, il y a une certaine divergence à ce sujet. Nous préciserons tout cela dans notre fatwa », a-t-il répondu. S’agissant du point de vue avancé un peu plus tôt, le maulana a déclaré que les ulémas sont guidés par le Coran et les paroles du Prophète. « Il n’y a pas de distinction entre les hommes et les femmes », a-t-il fait ressortir. Invité à donner la raison pour laquelle les ulémas ont tenu cette conférence de presse alors que personne, ni aucune autorité, n’a signifié son intention de légaliser cette pratique, il a répondu : « Manyer nou trouv sa dan media, ena pe koz pour ena pe koz kont e pe kre konfizion lor la, nou finn prefer tenir sa rankont la. » Le maulana a également indiqué qu’ils feront cause commune avec le Front Commun contre la légalisation de l’avortement, créé récemment, comme par le passé dans tous les combats sociaux. Il a, par ailleurs, appelé les parlementaires à voter selon leur conscience et leur a demandé « de penser à l’humanité avant tout et de prendre leurs responsabilités. »
Auparavant, le maulana a dit sa tristesse de constater que dans le monde civilisé d’aujourd’hui, on parle de tous les droits — celui de l’environnement, des animaux et autres – « mais personne ne pense au droit du bébé qui se trouve dans le ventre de sa mère. » Il a dénoncé ceux qui disent que puisque l’avortement est pratiqué clandestinement à Maurice, « lakoz sa bizin legaliz li. » Dans ce cas, a-t-il ajouté, devrait-on légaliser la drogue, la prostitution, la fraude et la corruption qui sont aussi pratiquées dans notre pays … Pour le maulana Jamil Chooramun, la pratique de l’avortement apporte plus de mal que de bien dans une société. « Il amène l’adultère et la perdition. Pou ena tro dega dan nou sosyete avek lavortman », a-t-il affirmé.