Le débat sur la légalisation de l’avortement à Maurice dure depuis plus de trente ans, et l’heure est au passage à l’acte. Le gouvernement mauricien – membre de la Convention sur l’Élimination de toutes les Formes de Discrimination à l’Égard des Femmes (CEDAW) – ne peut plus faire marche arrière. Le pays est soumis à ses obligations et doit mettre en oeuvre les recommandations de la Convention, plus particulièrement celle concernant les amendements à apporter au Code Pénal en vue de légaliser l’avortement dans certains cas. D’autant que la réunion du comité de la CEDAW examinera son rapport le 7 octobre 2011 à Genève. Pour respecter l’engagement pris auprès de la CEDAW, le gouvernement mauricien s’apprête – comme annoncé par Week-End la semaine dernière – à légiférer en vue de légaliser l’avortement dans des cas spécifiques.
« Maurice sera très gênée si le comité note que rien n’a été fait alors que, le pays étant membre, celui-ci a ratifié la CEDAW, et qu’il lui a été recommandé en 2006 d’apporter des amendements au Code Pénal en vue de revoir la section 235 et dépénaliser l’avortement dans des cas précis. Notamment ceux où la vie de la femme est mise en danger ou les cas de viol et d’inceste. Cette même recommandation a été reprise en 2010 par le Committee on Economic, Social and Cultural Rights des Nations Unies. Recommandation que j’ai également faite en 2001 dans mon rapport de la task force », explique Me Pramila Patten, experte auprès des Nations Unies à la CEDAW, et qui a présidé la task force sur la discrimination envers les femmes en 2000. Selon elle, ce projet de loi, dont une ébauche est en préparation au bureau de l’Attorney General depuis le mois de juillet, est une obligation pour le pays de se soumettre aux recommandations de la Convention.