Un médecin, exerçant dans la région de Flacq, a été blanchi par la Cour intermédiaire après avoir été accusé d’avoir pratiqué un avortement sur une patiente, laquelle a ensuite eu plusieurs complications de santé. Lors du procès, la plaignante avait dévoilé que c’était à la suite des menaces de son concubin qu’elle avait témoigné contre le médecin. Son conjoint était en effet séropositif et la plaignante avait également contracté le virus. La magistrate Keyshinee Bisoonauth a ainsi conclu qu’il s’agissait d’un cas d’avortement spontané et non délibéré, la femme en question ayant déjà fait une chute et ayant des problèmes de santé.
Dans un premier temps, la plaignante avait déclaré qu’elle s’était rendue chez le médecin, à Flacq, accompagné de sa mère pour se faire avorter. Selon sa version initiale, ce dernier lui aurait alors demandé de s’allonger avant de pratiquer l’avortement. Mais la plaignante est vite revenue sur sa version en cour, en expliquant avoir été forcée d’accuser le médecin en question par son conjoint. Ce dernier, poursuit-elle, était « une personne violente de nature ». Il l’aurait ainsi menacée de la tuer si elle ne se rendait pas au poste de police.
Dans ses conclusions, la magistrate a ainsi estimé qu’elle ne pouvait se fier à la version de la plaignante. Ce faisant, elle a fait ressortir que la jeune femme avait indiqué qu’elle s’était fait avorter chez le médecin alors que, lorsqu’elle avait été admise à l’hôpital, les deux gynécologues qui l’avaient examinée s’étaient aperçus qu’elle était toujours enceinte, mais qu’elle souffrait de complications. Ces médecins avaient d’ailleurs témoigné en cour, expliquant qu’il s’agit d’un cas d’avortement spontané, car la plaignante était séropositive et avait eu des relations sexuelles violentes avec son conjoint, ajoutant que, dans ces conditions, une personne enceinte « peut commencer à saigner ».
Le médecin poursuivi, qui était à l’époque Medical Superintendant de l’hôpital Jeetoo, avait plaidé non coupable et nié toutes les charges retenues contre lui. « Furthermore the Court does not lose sight of the evidence on record that the declarant admitted that on the 11th January 2009 he had sexual intercourse with her paramour and same was in a brutal manner.All the above facts tend to confirm the theory of spontaneous abortion rather than one caused by deliberate interference. Hence the case for the prosecution falls short of establishing the charge of abortion against the accused – namely that the latter used a forcep to introduce an instrument into the cervix of the declarant and procured her miscarriage. All the medical evidence before this Court points towards a case of spontaneous abortion », a conclu la cour.